« Friture sur la ligne » et premier dérapage gouvernemental !

A peine quarante-huit heures de passées et déjà de la « friture sur la ligne ». Entre la place Beauvau et la place Vendôme. Un petit bijou serti déjà de désaccords entre les deux nouveaux ministres de l’Intérieur et de la Justice. Qui, lors de leur installation à distance, ont formulé quelques points de discordances. Est-ce une surprise entre un « premier flic de France » appelant à toujours plus de fermeté et au retour de l’ordre et un garde des Sceaux, qui, lui dit ne « pas avoir changé » depuis qu’il a quitté la politique active (le Parti socialiste et l’Assemblée nationale). Avant d’y retourner après sa parenthèse de quatorze ans à la tête principalement de la Cour des Comptes, nommé en 2010, par un certain Nicolas Sarkozy !

La revoilou donc à un poste hautement stratégique, la seule recrue de gauche du gouvernement. Surtout dans le contexte actuel. Certes, ce n’est pas l’idéologue de gauche le plus affirmé, mais plusieurs salves ont été néanmoins tirées entre les deux hommes. Encore, si j’ose dire, à fleurets mouchetés. Le garde des Sceaux répondant à son collègue « Je suis le ministre d’une Justice indépendante, l’état de droit doit être respecté, tout comme les procédures ». Il répondait ainsi à Bruno Retailleau qui avait mis l’accent, entre autres, sur des peines trop souvent non-appliquées. Assistera-t-on à un duo ou un duel entre ce qui pourrait constituer un futur couple régalien digne de Laurel et Hardy ! Qui d’ailleurs ne serait pas le premier entre l’Intérieur et la Chancellerie. En attendant, Bruno Retailleau a annoncé ce mardi matin qu’il porterait plainte contre le député insoumis, fiché S, Raphaël Arnault, coupable d’un tweet lié à ce qu’il considère comme un « double assassinat de deux kanaks abattus en Nouvelle-Calédonie par les forces de l’ordre, envoyées à p17.000 kilomètres pour assurer l’actualité de la semaine coloniale ». Il ne s’interdit pas par ailleurs de lancer une nouvelle loi immigration. Voilà ce que l’on peut parler d’un réel marquage de territoire.

Leur collègue de Bercy, Antoine Armand, ancien député macroniste, quelques heures seulement après aussi son arrivée sur les bords de Seine, n’a pas eu la meilleure idée lors d’une matinale radiophonique ce jour en envoyant un scud à l’attention du Rassemblement national, qui, selon lui, ne fait pas partie de l’arc républicain. Contrairement à la France insoumise à qui la porte restera toujours ouverte. Une démarche surréaliste ! Est-ce bien son rôle et surtout l’heure de mettre de l’huile sur le feu sur le parti de Marine Le Pen. Un message évidemment reçu aussitôt cinq sur cinq par les dirigeants de la droite extrême: « s’ils voulaient que l’on vote la censure, ils ne s’y prendraient pas autrement ». On ne peut pas sur ce coup-là leur donner vraiment tort. Peut-être que le nouvel homme fort de l’Economie, du haut de ses trente-trois ans, qui, lors de sa très longue passation dimanche reçut un « baton » de marche basque, cadeau du sortant, Bruno Le Maire, à son successeur, voulait déjà se faire taper ! Déjà par le Premier ministre qui, pourtant, lors du petit-déjeuner réunissant à Matignon, la nouvelle équipe lundi matin, avait invité ses ministres à faire preuve d’humilité et de discrétion médiatique. Voire battre le record de jours passés au gouvernement sous Giscard d’Estaing par Jean-Jacques Servan-Schreiber ? Du grand n’importe quoi. On se demande vraiment où ils vont chercher tout çà. En dépit de l’avertissement lancé par le locataire de Matignon. Il se peut que le haut-savoyard puisse utiliser cette aide de randonnées en montagne plus vite que prévu ! Il lui sera utile tout autant autour du lac d’Annecy, sa terre électorale. Ou tout le moins se faire très vite recadrer suite à sa sortie malheureuse…Michel Barnier ne peut pas ne pas réagir, au moins en privé, en tête-à-tête avec l’intéressé, à ce premier et désolant dérapage !

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