A quoi joue-t-il ? Je veux parler de la décision de Gérald Darmanin de refuser en l’état de voter un budget qu’il estime « inacceptable ». Il peut toujours le dire car l’Assemblée, selon l’hypothèse avancée à ce jour, n’aura pas à le voter ou pas, en cas de nouveau de 49-3, si cher à « Babeth » Borne pour les raisons que l’on sait, l’absence de majorité absolue sous la mandature précédente. Il n’empêche, cette annonce justifiée par son refus d’accepter principalement des hausses d’impôts (une contribution annoncée à titre exceptionnel et de façon limitée dans le temps pour les foyers approchant les …500.000 euros de revenus annuels soit 0,3 % des foyers !) a fait l’effet ce jeudi matin d’une « bombe » politique. De la nitroglycérine à manier avec une grande précaution. Certes, il s’était déjà exprimé sur le sujet mais là il passe à la vitesse supérieure. Que veut-il le cas échéant ? Contribuer à renverser le gouvernement conduit par Michel Barnier ? S’allier de fait à la France insoumise ? Ou plutôt se distinguer comme le premier opposant au nouveau chef de gouvernement et se retrouver en concurrence avec Gabriel Attal ? Il prendrait des risques personnels très lourds. A moins que ce frondeur d’un genre nouveau veuille…cravater avec d’autres de ses amis le nouveau Premier ministre. Ce pourrait être très drôle de la part de celui qui justement a banni la cravate de son dress-code » depuis peu. Ils ne savent vraiment pas quoi faire pour se distinguer nos chers élus ! La comédie du pouvoir continue avec comme principal horizon pour certains la présidentielle de 2027. Faut-il rappeler qui était le ministre des Comptes publics dans le premier gouvernement d’Emmanuel Macron…sinon Gérald Darmanin, désormais peu solidaire de ses amis au pouvoir d’alors ! Ils doivent être aujourd’hui mal accompagnés …
Il en est d’autres qui se manifestent tout autrement. Et celui-là est un dangereux récidiviste. Connu pour ses saillies pleines d’humour. Pour notre plus grand plaisir. Dejà le mien…L’un des plus brillants orateurs de la Chambre haute, le sénateur de l’Allier, Claude Malhuret, ancien ministre sous VGE et maire de Vichy. Encore une nouvelle fois au top lors de son intervention en réponse au discours de politique générale de Michel Barnier dans l’hémicycle du Sénat, hier mercredi. Un véritable bijou certifié d’humour, certes orienté, comme chef des indépendants sorti comme il l’a déclaré « d’un cauchemar éveillé ». Celui d’accueillir non pas le montagnard savoyard comme chef de gouvernement mais bien Lucie Castets entourée de ses ministres. Une sacrée liste de « champions du monde » comme chacun ou chacune pourra en juger. Avec Sandrine Rousseau dans le rôle de ministre des Finances et de la Décroissance, Sofia Chikirou dans celui de Garde des Sceaux, Aymeric Caron à l’Environnement et aux Insectes, Sébastien Delogu à la Mémoire et aux Anciens combattants, Louis Boyard, au Développement durable et au Cannabis et un petit dernier pour mieux cauchemarder: Jean-Luc Mélenchon, ministre des Affaires étrangères, des Amitiés avec la Russie et le Hezbollah et l’Alliance bolivarienne. Une équipe qui aurait tellement plu au Nouveau front populaire ! Hélas Emmanuel Macron n’en a pas voulu. La France s’en remettra-t-elle ? Très probablement…
PS: L’ex-Premier ministre socialiste, Bernard Cazeneuve, est sorti de son silence en déplorant ce jeudi que la direction du Parti socialiste et en particulier son premier secrétaire, Olivier Faure et le président de son groupe à l’Assemblée, Boris Vallault soit « tombée dans le piège dressé par Emmanuel Macron » pour l’empêcher « avec jubilation » de s’installer à Matignon, « en refusant de s’engager clairement à ne pas censurer son gouvernement dont il aurait pris la tête ».
Le PS voit rouge. Il n’a pas apprécié que son candidat, en l’occurrence, Philippe Brun, député de l’Eure, soit écarté de l’une des présidences de commission, certes pas la plus importante, et battu à égalité de voix, par son collègue du Rassemblement national, Sébastien Chenu qui lui a donc été préféré au bénéfice de l’âge. Les socialistes crient « à la honte » que les députés du bloc central aient choisi le RN plutôt que leur jeune collègue de Louviers-Val-de-Reuil, surtout après la constitution d’un front républicain en juillet dernier lors des législatives.