Rien ne vaut un dessin humoristique de presse écrite pour matérialiser, très souvent avec un réel talent une expression liée à la politique. Le dernier en date avec l’un de as de la profession, Chaunu, dans les colonnes du premier des quotidiens français « Ouest-France ». Qui fait dire au Premier ministre, Michel Barnier: « On n’avance pas » avec cette réplique de l’un de ses interlocuteurs: « Je dirais même plus, on recule ». En référence bien sûr au changement d’heure de cette nuit. Celle d’hier vendredi a encore été émaillée de figures de styles pour le moins inconvenantes. Notamment celle de la « verte » députée de Paris, Sandrine Rousseau, toujours au top lorsqu’il s’agit de mettre la pagaille dans les travées de l’hémicycle. Outrée que le Rassemblement national ait réussi à faire passer un amendement destiné à rogner cinq milliards d’euros à la contribution financière de la France à l’Union européenne, l’élue a en effet esquissé le « début du commencement » d’un bras d’honneur en direction de ses collègues du RN qui réclamèrent pour l’insulte la réparation immédiate. La vice-présidente en exercice à ce moment de la nuit agitée et longue, la députée « Horizons », Naïma Moutchou, suspendit l’espace de quelques minutes cette séance, le temps pour la députée du Nouveau front populaire de retrouver son calme et de s’excuser aux députés présents (elle aurait pu y ajouter aussi les absents) lors de la reprise des débats pour « un geste entamé mais pas terminé qui n’avait pas néanmoins sa place ». Dont acte. Péché et miséricorde pour la vilaine ! C’est d’autant plus « rigolo » (si j’ose dire) que ce vote du RN, soutenu majoritairement par une partie de l’Assemblée votante, est intervenu alors que le parti de l’extrême doit rendre des comptes devant une juridiction judiciaire avec sa cheffe de file, Marine Le Pen, pour son affaire d’emplois fictifs de plusieurs de ses collaborateurs à Bruxelles et Strasbourg. Une vieille histoire qui pourrait entraîner pour la présidente du groupe une condamnation financière voire même plus grave, une interdiction de se présenter à l’échéance suprême en 2027 !
On est en droit aussi de s’interroger sur le vote d’un autre amendement , toujours au cours de cette même séance budgétaire, toujours grâce au RN, en faveur du renoncement à des taxes sur les grandes entreprises. Mais il est où, mais il est où le bloc majoritaire, encore battu ? Aux abonnés absents. Planqué bien au chaud ? Il n’est vraiment pas facile de s’y retrouver dans le labyrinthe de cette comédie dramatique qui ne fait rire personne. Y-a-t-il encore un pilote dans l’avion ministériel et ses soutiens jouant perso et même très adeptes et experts en tirs au but contre contre leur camp. En quelque sorte un champ de patates mais pas vraiment douces ! Encore que les votes de ces amendements devraient être balayés par la mise en action du 49/3 par le gouvernement. L’heure approche d’autant plus avec le peu de confiance manifesté entre les différents groupes censés défendre la cause budgétaire gouvernementale ! Bien pire encore que lors de la précédente législature !
C’est évidemment plus facile de décider à la demande de la Présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet d’interdire désormais l’accès au Palais Bourbon à l’assistant parlementaire d’une députée LFI (l’une des plus radicales et agitées du groupe) Richty Thibault coupable de « prôner le désordre et le chaos en appelant à l’intifada » (un nom qui correspond bien à sa nature dans les rues de Paris). « Un militant qui est devenu une menace de par sa proximité avec les mouvements propalestiniens ». Une décision qu’elle déclare inédite et qui fait forcément hurler de rage sa « patronne » Ersilia Soudais pour qui « cette exclusion constitue une ingérance gravissime ». Elle nous ferait presque rire cette parlementaire souvent très exitée !