Sa vulgarité et sa grossièreté ont encore dépassé un cap. Et pas celui de « Bonne-Espérance » que les skippers du « Vendée-Globe » vont à nouveau franchir dans leur périple prochain à travers les mers. On le savait capable du pire et de l’ordurier dans son expression orale. Mais là il a mis les bouchées doubles lors de l’un de ses derniers meetings de campagne électorale. En imitant notamment un geste pour le moins obscène pour un candidat à la Maison blanche: une fellation en bonne et due forme. Qui ajoutée à une menace à peine voilée à l’encontre d’une ancienne sénatrice républicaine, supportrice désormais de la démocrate Kamala Harris, fait beaucoup. Trop jusqu’au dégoût d’une Amérique au bord du précipice à deux jours du scrutin. Qui pourrait menacer, rien de moins, la démocratie dans ce pays et encore un peu plus déséquilibrer un monde déjà bien malade.
Cette élection de tous les dangers et paradoxes, ne peut bien sûr que satisfaire les autocrates et en premier lieu les leaders russe et chinois, trop ravis de voir la démocratie yankie en lambeaux après cette nouvelle campagne haineuse qui n’aura jamais autant exacerbé les passions délirantes et aussi suscité en même temps autant de fascinations. Pour un peu, comme l’a si bien écrit un éditorialiste et patron de la presse écrite dominicale, en l’occurrence la « Tribune du Dimanche », faire passer le combat de boxe du siècle dernier entre Mohamed Ali et George Foreman, il y a cinquante ans, « à un échange d’amabilités entre les deux poids lourds, voire même une discussion de salon au regard des insultes proférées » entre l’héritier milliardaire, le candidat soi-disant du peuple et des gens ordinaires (quelle fumisterie au pays des Marlboro et autre Philip Morris) et son adversaire démocrate, traitée de « handicapée mentale et prostituée » par son rival, une fille de sang mêlé, née dans un milieu modeste et apparaissant comme la candidate elle représentant les élites. Un bien curieux paradoxe, là encore, de cet état continent s’apprêtant à vivre des moments cruciaux à l’occasion d’une élection annoncée comme très serrée. Facilitée également par un scrutin électoral hors du temps. L’électorat féminin de la plus grande importance pour Kamala Harris, si elle peut l’emporter, réussira-t-il à sauver en quelque sorte l’Amérique. Celle que l’on ne voudrait pas, pour notre intérêt aussi européen, basculer dans un régime autoritaire. L’esprit de vengeance de Donald Trump, qui n’avait pas reconnu sa défaite il y a quatre ans, mais surtout incité ses partisans à envahir le Capitole, ne nous dit vraiment rien de bon. On croît connaitre le pire, avec lui, et tellement peu d’inconnues pour ce qui concernerait sa nouvelle gouvernance. Si par grand malheur il retrouvait le bureau ovale à Washington…Qui aurait pu imaginer ça après la tuerie perpétrée par ses adeptes à la gâchette trop facile ? La nuit de mardi prochain risque d’être très longue et pas seulement que pour les « Ricains » ! Le monde retient son souffle…