Et dire qu’avant-hier et même bien au-delà, les petits garçons attendaient pour beaucoup avec fébrilité mais tant de bonheur leur cadeau du Père-Noël, très apprécié en des temps certes lointains maintenant: le train électrique ! Aujourd’hui le Père-Noël est davantage une…ordure (c’est évidemment une image cinématographique en beaucoup moins drôle). Pour la 17 e fois en 21 ans, record mondial, les cheminots s’apprêtent à montrer leurs muscles au plus grand bonheur des usagers encore susceptibles d’être pris en otages pendant les vacances de fin d’année. Leurs étrennes avec quelques jours d’avance. Les quatre syndicats représentatifs du rail viennent en effet de déposer un préavis de grève reconductive à partir du 11 décembre (avec déjà un galop d’entrainement, le 21 novembre !). Ils sont ingénieux, l’homme à la casquette, Fabien Villedieu, de Sud-Rail (ce n’est jamais bon signe lorsqu’on le revoit à la télé) et tous ses amis cheminots. Ils trouvent toujours une bonne raison. Cette fois-ci pour dénoncer l’ouverture à la concurrence étrangère et notamment italienne et le démantèlement du fret SNCF. A la demande de Bruxelles, l’entreprise leader du fret ferroviaire en France, va en effet disparaître le 1 er janvier prochain pour être scindée en deux entités privées. Cachez ce sale mot que je ne saurai voir ! Une bonne occasion aussi pour faire pression sur leur direction dans le cadre des négociations annuelles obligatoires qui elles aussi risquent d’être tendues avec des perspectives de hausse de salaires bien moindres que celles des années passées qui avaient connu une plus grande inflation pour compenser précisément celle générale des prix.
Alors que le gouvernement, avec à sa tête Michel Barnier, devrait hélas affronter un défi de taille, celui de faire face à une flambée pas très festive: celui des plans sociaux et des licenciements au coeur de l’hiver…Bonjour tristesse, et là il ne s’agit pas du titre du roman de Françoise Sagan ! Mais bien d’une alerte générale sur l’emploi. Et d’une grosse tempête sondagière-une de plus-avec des records d’impopularité sur les deux têtes de l’exécutif. Alors que trois ministres sauvent pas trop mal les meubles dont le vendéen Bruno Retailleau (ce tombe bien en ce jour de départ du « Vendée-Globe » ) dans le dernier sondage sorti ce dimanche qui le place en tête avec 36 % d’opinions favorables devant Rachida Dati (29 %) et l’eurois ministre des Armées (28 %) jamais à pareille fête dans le tiercé de tête en dépit de sa longue longévité gouvernementale dans ce palmarès gouvernemental. Ça en dit long aussi sur la notoriété générale de l’équipe renouvelée. Edouard Philippe restant lui derrière Marine Le Pen mais devant son rival le plus dangereux (aujourd’hui) Gabriel Attal. Le maire du Havre continue d’ailleurs son recrutement de nouveaux soutiens en « engageant » le président du Conseil départemental de l’Aveyron, l’ancien LR, un de plus, ayant en effet décidé de rallier le parti « Horizons ». L’opération moisson poursuit son petit bonhomme de chemin. Quand l’une des spécialités de cette région, l’aligot, rejoint les fruits de mer de « Doudou »…
Un autre ralliement peu ragoûtant celui-là: la candidate socialiste, Amandine Germain, pressentie pour la législative partielle dans la première circo de l’Isère (provoquée par la démission du député sortant LFI dont je me suis déjà fait l’écho), s’est finalement couchée, non pas bien sûr le rail. Ce sera donc comme prévu de façon autoritaire par la France insoumise, le militant des droits de l’enfant, Lyes Louffok, qui défendra les couleurs du Nouveau front populaire. Sauf grande surprise. Quand un « baisser de froc » (pardon pour cet excès de vulgarité) rime avec Louffok. Ce qui n’empêche pas l’élue socialiste, amère, de regretter l’intransigeance du parti « frère » de l’extrême-gauche…« mais la seule solution pour garder la circonscription à gauche ». Les électeurs et électrices de Grenoble en décideront !