Il était en train de signer son livre à Bruxelles pendant que sa « patronne » Marine Le Pen accusait sérieusement le coup après les réquisitions lancées contre elle par les procureurs à Paris ! Drôle de timing pour l’exécutif du Rassemblement national. Jordan Bardella, on a tout lieu de la penser à l’aune des demandes pour l’ensemble des accusés à la barre du tribunal, tous susceptibles de voir s’abattre sur eux une peine d’inégilibité entre deux et cinq ans, se trouve-t-il d’ores et déjà en position de suppléer Marine Le Pen pour la mère de toutes les élections, la présidentielle prévue en 2027 ? En attendant, celle qui a succédé à son père à la tête du parti, au temps où le slogan du Front national était « Tête haute, mains propres » semblait à juste titre sonnée à la sortie du prétoire. Elle a eu beau mettre en route avec ses amis du RN le chant de la victimisation. En parlant de la tentative du parquet coupable de « violence et d’outrance pour essayer de priver les électeurs d’un choix capital », en optant surtout pour une peine d’inégibilité exécutoire. Ce qui signifierait le cas échéant, en février-mars, très probablement, à la sortie du jugement, si ce réquisitoire était en partie ou totalement suivi par les juges, la fin des espoirs de « l’héritière » pour s’installer à l’Elysée sur qui plane aussi, une condamnation de cinq ans d’emprisonnement dont deux aménageables. Et c’est là que les avis divergent sur la proportionnalité de cette condamnation.
L’intéressée, rattrapée par la patrouille, comme ses amis placés sur le même banc de l’infamie, ont bien, semble-t-il, fauté et à une échelle « industrielle » jamais encore vue (le préjudice subi par le Parlement européen de Bruxelles atteindrait la somme de plus de 4,5 millions d’euros pour ce qu’il considère comme des sommes détournées pour leurs soit-disants assistants parlementaires à Bruxelles).
Marine Le Pen et ses co-accusés dont les plus connus sont un actuel député du RN de l’Yonne, Julien Odoul, son ancien compagnon, ex-eurodéputé, maire de Perpignan, Louis Aliot et Bruno Gollnisch, l’un des plus vieux complices de la première heure du patriarche, méritent-ils pour autant pareil châtiment ? Il n’est pas du rôle des juges de décider qui peut se présenter à un scrutin surtout présidentiel.
La faute, l’organisation d’un système bien huilé d’emplois fictifs, est bien réelle, échelonnée sur une douzaine d’années, le temps des vaches maigres en terme financier pour le parti, le FN puis le RN, qui éprouvaient alors toutes les peines à sortir la tête de l’eau. Reste que les moyens pour renflouer les caisses et faire tourner la machine du parti ailleurs que dans la capitale belge, sont pour le moins répréhensibles et condamnables. Pour autant, les réquisitions, par leur lourdeur, suscitent bien des interrogations et même plus, des suspicions toutes aussi légitimes. Et les « supporters » du mouvement, médias compris (toujours les mêmes du groupe Bolloré) ne prennent pas de gants pour faire des parallèles avec ce qu’ils considèrent comme le laxisme de la justice, trop souvent pour les vrais criminels. Comparaison n’est pas toujours raison ! Mais elle s’entend tout de même. Un peu, beaucoup ? Sûrement passionnément. Et ma réaction serait la même si elle concernait l’autre bord de l’échiquier politique, l’extrême-gauche, pris les mêmes doigts dans le pot de confiture. Mais là son équivalent chez les extrêmes, s’est bien gavé ! Et cette gourmandise mérite sévère sanction. Mais très probablement inférieure à une condamnation qui priverait le premier parti politique de France de sa candidate, même si je ne la porte pas dans mon coeur à l’instar des « grands malades radicalisés » de la France insoumise…C’est aux électeurs et électrices de dire stop ou encore…Et non à la justice surtout en cas de non enrichissement personnel lors de ces tricheries !