« Si tu vas à Rio, n’oublie pas les « péquenots ». Une complainte d’actualité !

« Si tu vas à Rio, n’oublie pas les péquenots ». Ils ne manquent pas d’un humour certain nos paysans français de la FNSEA à nouveau mobilisés avec leurs collègues de la Coordination rurale sur les routes depuis hier dimanche. Notamment en région parisienne. Les syndicalistes agricoles ne pensaient évidemment pas à deux de leurs visiteurs plus habitués aux salons qu’au travail aux champs. En l’occurrence la présidente de la Région francilienne (le grenier de la France céréalière ) Valérie Pécresse et la tête de liste des Républicains aux dernières Européennes, François-Xavier Bellamy, venus sur le terrain au sud de Paris (où le siège a été levé ce lundi matin) réconforter et soutenir les agriculteurs dans leur combat face à l’Europe et la probable signature du traité du Mercosur, dont les conséquences sont attendues tragiques sur l’avenir pour une partie de l’agriculture en France. Les viticulteurs, producteurs de spiritueux et éleveurs laitiers étant à priori plutôt du bon côté si signature il y avait de ce traité de libre-échange. Ils pensaient bien sûr davantage au déplacement du chef de l’Etat au sommet du G 20 au Brésil où il va être beaucoup question de ce traité d’échanges commerciaux honni. Non Emmanuel Macron aura d’autres priorités que de visiter la capitale des Cariocas et de danser la samba sur la plage de Copacabana, chantée en ….1958 par les Compagnons de la Chanson et reprise plus tard par Dario Moréno. Le hasard de la vie a voulu que l’ami des Compagnons et d’Edith Piaf, le chanteur-compositeur , Charles Dumont, disparaisse ce jour à l’âge de 95 ans ! Il était l’un des artistes les plus prolifiques de ces hymnes à l’amour dont le plus célèbre « Non je ne regrette rien » immortalisé par la « môme « Piaf.

C’est une toute autre chanson « entendez-vous dans nos campagnes «  que les oreilles présidentielles vont entendre alors que la colère paysanne reprend de la voix (jusqu’où ?) dans nos territoires. Qui ne souvient pas il y a dix mois alors que Gabriel Attal, Premier ministre à l’époque, réussissait sur ses bottes de paille, à éteindre très provisoirement l’incendie. Qui reprend aujourd’hui de plus belle, les promesses du gouvernement n’ayant été, selon les intéressés, que très partiellement suivies d’actes. Les mauvaises récoltes de l’été sont aussi passées par là en asséchant encore plus le compte en banque déjà en grande souffrance de nos hommes et femmes de la terre qui cumulent tous les handicaps. Ou presque.

Le président de la République, a beau répéter qu’en l’état la France ne signera pas cette accord commercial avec les principaux pays d’Amérique du sud, qui peut croire encore que ses complaintes répétées empêcheront la mise à exécution de ce projet funeste à la fois pour les principaux concernés dont font aussi partie les consommateurs avec la mise en circulation sur notre territoire de poulets et viandes de boeuf du Brésil et d’Argentine à moindre prix et très dangereux, semble-t-il en terme sanitaire ! Non, Frau Ursula van der Leyen, « le diable ne se niche pas dans les détails » contrairement à votre déclaration laissant présager la signature proche de ce traité ! Qui favorisera en premier lieu l’industrie automobile de votre pays, l’Allemagne.

Qui peut imaginer par ailleurs que le gouvernement et surtout le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, enverra la troupe pour virer manu-militari, les manifestants « bloqueurs » sur une possible durée d’occupation des routes ? J’ai de la peine à y croire surtout que le milieu agricole jouit d’une grande popularité au sein de notre population, même s’il a toujours plus ou moins tendance à exagérer ses malheurs. Tous les professionnels ne sont pas dans la même situation de misère et de détresse. Et les très mauvais millésimes en terme de récoltes ne se reproduisent pas tous les ans. Heureusement. Ce qui n’en empêche pas pour autant nos compatriotes, dans une large majorité de « défendre leurs…péquenots ». Qui n’en sont pas, loin s’en faut. C’est peut-être osé, mais je pense en comparaison que nos éternels grévistes de la SNCF à l’approche des fêtes de fin d’année ne sont pas les plus mal lotis dans leur ensemble. N’ont-ils pas bénéficié , pour ne parler que « pépettes » d’une hausse sustantiellle de leurs revenus de l’ordre de 17 % ces deux-trois dernières années de forte inflation, très compensée. Qui peut en dire autant ? Surtout pas nos paysans…qui tirent pour la plupart le « diable par la queue » avec des trésoreries exsangues. Et ce n’est pas un petit détail !

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