Les matamors entrent en scène !

Ah la boulette ! Volontaire ou pas. Qui risque de faire un certain bruit au sein même de la famille. Même s’il l’a croit « totalement innocente », Jordan Bardella, invité d’une émission de plus de deux heures, hier soir, sur l’une des chaînes d’infos en continu, a probablement tiré un but contre son camp, pas le sien personnel bien sûr !) en glissant au passage que tous les condamnés judiciaires ne pourraient pas être investis par son parti aux législatives! Visait-il alors sa propre cheffe de file à l’Assemblée nationale, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national au Palais-Bourbon, susceptible de passer par la case condamnation pour les emplois fictifs des assistants parlementaires à Bruxelles ! Ce qui se transformerait en tremblement de terre dans la vie politique qui pourrait avoir aussi d’autres conséquences dans les prochaines semaines. A savoir que la colère de la « Marine Nationale » liée à l’affaire pourrait l’inciter à appuyer plus vite que prévu sur le bouton du siège éjectable de Michel Barnier. Et de l’envoyer par le fond, lui et son gouvernement. Un Premier ministre toujours plus menacé, semble-t-il, par le vote d’une motion de censure déposée par la France insoumise qui, selon la nouvelle « Madame Irma » , du monde politique, Jean-Luc Mélenchon, pourrait intervenir avant la fin de l’année, autour du passage du Père-Noël et les étrennes. Joyeux Noël, non pas Félix, mais bien Michel. C’est le genre de boules pas très sympathiques en cette période. Elles n’ont rien de décoratives et festives ! Mais bien puantes même si non olfactives !

Jordan Bardella s’est montré tout aussi menaçant sur la longévité du chef de gouvernement à Matignon. Le RN, de toute évidence, n’a rien obtenu du gouvernement de ce qu’il espérait lors du débat budgétaire. « J’ai toujours pensé à cette hypothèse » (contrairement d’ailleurs à la triple candidate à la présidentielle en terme de rapidité d’exécution dans tous les sens du mot) a encore déclaré le dauphin joker du RN, prêt à s’allier à l’extrême-gauche et à ses alliés du Nouveau front populaire, pour faire chuter le gouvernement actuel. Un si bel accouplement pour le pire: celui d’ouvrir une nouvelle période de trouble politique alors que la France, déjà bien atteinte, n’en a pas vraiment besoin dans un contexte international qui plus est très tourmenté. Et surtout pour quoi faire au final ? Car il est très probable que le chef de l’Etat n’invitera toujours pas la « Pompadour » tant désirée de LFI, Lucie Castets, à prendre ses quartiers à Matignon. Les insoumis ne veulent toujours pas plus de l’ancien locataire dont le bail a été le plus bref en V e République, Bernard Cazeneuve. La fenêtre de tir, c’est le cas de la dire, se rapproche-t-elle ? On en a jamais été aussi près, selon les éditorialistes de tous poils ces derniers jours, même si ce n’est pas non plus forcément la meilleure, alors que le parti de la droite extrême joue les matamors et que lui-aussi à besoin, en cette période de turpitudes financières, et éprouve le grand besoin de faire diversion et d’attirer l’attention sur d’autres sujets.

Peut importe pour les extrémistes de gauche comme de droite d’ajouter du désordre au désordre (un doux euphémisme) car les deux espèrent et misent sur un départ anticipé du président de la République pour faire campagne. Et le plus tôt sera le mieux pour les uns et les autres, l’âge du capitaine, pour la France insoumise et le calendrier judiciaire pour Marine Le Pen qui, elle, pourrait être empêchée de concourir, alors que bien sûr aucune élection législative ne pourra avoir lieu avant juillet prochain ! Une donne qui change tout ou presque…

PS: Alors que le chef de l’Etat, présent depuis hier au sommet du G 20 au Brésil assure que la France, « n’est pas isolée au sein de l’Europe » pour faire capoter la mise en route du traité de libre échange entre l’Europe et les pays d’Amérique latine concernés par ce projet condamné en tout premier lieu par nos agriculteurs, toujours en révolte, le gouvernement vient d’annoncer ce mardi l’ouverture d’un débat suivi d’un vote à l’Assemblée nationale. Et ce en accord avec les partis du socle commun de la droite et du centre. La porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon en a profité aussi pour « promettre que la France continuerait à tenir un bras de fer avec la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, aussi longtemps que nécessaire ».

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