La « Mère-Noël » appuiera-t-elle sur le bouton rouge de la censure ? Ce n’est pas si sûr…

Une hotte pleine de lignes rouges. Comme la couleur de la « Mère-fouettard de Noël » Marine Le Pen, venue ce lundi matin présenter son cahier noir de fortes doléances à l’hôtel Matignon. On ne peut pas dire officiellement que l’opération séduction de la dernière heure qu’aurait pu tenter de mener Michel Barnier ait beaucoup fait avancer la situation. Chacun restant dans son couloir. Le haut-savoyard, plus skieur de fond que de vitesse, désormais, n’ayant semble-t-il fait aucune concession à sa visiteuse. « Si le budget reste en l’état, il y aura censure », a t-elle reformulé à sa sortie, toujours droite dans ses bottes, la « Marine nationale ». Sa réponse n’interviendra pas avant la fin du mois prochain. Que faut-il penser de ce durcissement de ton, comme par hasard survenu depuis les réquisitions portées contre elle dans son procès sur les assistants parlementaires du parti à Bruxelles et Strasbourg. Diversion, posture, toujours est-il que la bûche de Noël pour le Premier ministre reste toujours d’une consternante actualité. Celle qui a entre les mains très rugeuses la survie ou non de son gouvernement fait durer un suspense mêlé de supplice.

La présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, la procureure générale, Mathilde Panot, une Fouquier-Tinville révolutionnaire en jupon, n’a pas été très…fine hier (là aussi c’est mission impossible) en répétant une fois encore qu’il n’y avait toujours pas d’autre alternative que la nomination de Lucie Castets à Matignon (un chiffon rouge pour les nationalistes), où le départ à la retraite du chef de l’Etat. Une seconde hypothèse plus susceptible de lui plaire que la première, qui aurait le mérite d’accélérer le calendrier éléctoral ne plaidant pas forcément en sa faveur. A chacun et chacune son épée de Damoclès au dessus de la tête. Le Premier ministre ne peut à se jour compter que sur « la responsabilité d’une classe politique si prompte à la critique et à la sédition » formulée par un éditorialiste du dimanche. Il n’a pas tort. L’impatience du RN d’en découdre plus rapidement que prévu pourrait être interprétée comme aussi une volonté de vengeance personnelle à l’égard de l’exécutif, Républicains compris. Dont l’attitude et celle ajoutée de l’aile gauche du macronisme alimentent clairement ce climat très délétère. Les sénateurs LR, largement majoritaires à la Haute-Assemblée et le président du groupe des Républicains au palais Bourbon, Laurent Wauquiez et les amis de Gabriel Attal, et même lui, élu hier dans un fauteuil à plus de 90 % à la tête du parti macroniste, n’ont vraiment pas aidé le chef du gouvernement dont la mission était déjà quasi impossible lors de sa nomination. Il a passé presque plus de temps à rappeler à la discipline des ministres frondeurs à l’image du ministre de l’Economie, Antoine Armand, justement peu économe de ses provocations imité en cela par plusieurs de ses collègues d’une équipe dont le mot solidarité a été rayé de leur vocabulaire! Le gouvernement, néanmoins, joue, pas forcément toujours très habilement sur…une corde: l’extrême dramatisation de la situation de ne pas avoir de budget et pas davantage de gouvernement. Ce qui conduirait, alors que le chômage repart à la hausse et que les conflits sociaux s’accumulent, à une nouvelle période périlleuse où la crise politique et financière pourrait être sévère. Que l’état de notre pays, à bien des égards, ne pourra pas supporter.

Le camp des irresponsables l’emportera-t-il d’ici à la fin de l’année avec ce mariage de la carpe et du lapin entre les Insoumis et le Rassemblement national ? L’attelage honteux des contraires, mêmes s’ils se rejoignent beaucoup (si l’on excepte leur comportement dans l’hémicycle). Que les intéressés devront, le cas échéant, expliquer à leurs électeurs, surtout ceux de la droite extrême, même si d’une façon majoritaire ils seraient favorables à ce que leurs représentants appuient sur le bouton rouge de la censure…La politique du pire est possible, voire probable, mais néanmoins pas…certaine ! Et totalement folle une autre mission impossible: celle pour un gouvernement de réussir à faire des économies. Il est effet tellement facile et si simple d’augmenter les impôts plutôt que de baisser les dépenses. Une très coûteuse particularité bien française !

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