Quelle journée de dupes et jeu de poker menteur ! Bien alimentée par une partie des médias nationaux. 18 heures, hier mardi, la nuit tombe sur la France. Michel Barnier va parler au JT de 20 heures pour annoncer, disent certains qu’il va démissionner de Matignon. Branlement de combat dans les rédactions. C’est quasiment sûr et certain. La dramatisation se rapproche. Surtout que le chef de l’Etat aurait dit la veille, en marge de la réception donnée en l’honneur d’Elisabeth Borne, décorée de l’insigne de commandeur de la Légion d’honneur, à quelques uns de ses proches, dans le parc de l’Elysée, des propos rapportés par un quotidien à la fois régional et national que « Michel Barnier allait tomber d’ici peu ». Très peu. Ce dernier aurait donc de lui-même décidé de partir et non attendre le bon-vouloir de Mme Le Pen d’appuyer sur le bouton. Il n’en fallait pas plus pour déclencher l’incendie. Tous aux abris….L’Elysée dément très vite cette info ou intox. Alors que « en même temps » les sénateurs macronistes, pas très nombreux il est vrai au sein de la Haute-Assemblée, s’étaient abstenus lors du vote du budget de la sécurité sociale. A quoi jouent-ils ? Le président de la République n’aurait-il plus la moindre influence sur le groupe présidé par un macroniste de la première heure et resté toujours fidèle au chef de l’Etat.
A 20h25. Il n’en est plus rien. Le ballon s’est dégonflé. Comme pour le PSG aux portes de l’élimination en « Champions Ligue » après son échec sur le terrain du Bayern de Munich, deux heures plus tard. Le Premier ministre, prenant ses compatriotes à témoins, assure tourefois avec gravité que les turbulences graves pourraient s’abattre et notamment sur les marchés financiers si lui et son gouvernement tombaient dans les prochains jours. L’opération « C’est moi ou le chaos » commence. Avec une certaine mesure tour de même ! Tout en excluant tout départ. « Pourquoi voulez-vous que je démissionne ? J’ai le même enthousiasme que lors de mes premiers mandats électoraux en Tarentaise. je suis toujours prêt à servir mon pays ». Est-il pour autant parvenu à dessérer l’étau aux grosses mâchoires qui se referme sur lui ? N’aurait-il pas suffisamment d’adversaires irréductibles ? C’est presque normal pour ses opposants politiques du Rassemblement national et de la France insoumise. Ils s’opposent et veulent le mettre dehors. Mais son propre camp ? Qui, ces dernières heures et à travers plusieurs de ses dirigeants comme ses deux prédécesseurs, Elisabeth Borne et Gabriel Attal ne cessent de mettre de l’huile bouillante sur le feu. La palme d’or revenant néanmoins à « Babeth » qui « ne trouve rien de bon dans ce budget ». Aurait-elle changé de carte, passant d’EPR (Ensemble pour la République) un acronyme pas vraiment le mieux choisi avec des relents de centrale nucléaire nouvelle génération défaillante et si longue à devenir enfin opérationnelle comme l’EPR de la Hague, à la France insoumise ? Et que dire de « Gaby » , qui lui aussi joue un drôle de jeu avec ses critiques incessantes sur son successeur. A bas bruits, peut-être et pas seulement qu’à la buvette de l’Assemblée nationale. Quel cirque ! Avec de tels amis se comportant comme les pires des ennemis ? Avec un allié de marque, censé lui aussi soutenir le gouvernement, Laurent Wauquiez, pas le dernier pour enfoncer le clou dans la chair martyrisée du Premier ministre de la même couleur politique que lui ! Qui pendant son interview télévisée a avancé néanmoins quelques ponts pour essayer de sauver son budget qui passera « assurément » par un 49-3. Marine Le Pen sera-t-elle « cap ou pas cap ». Pas forcément celui de Bonne-Espérance comme va bientôt atteindre le skipper havrais, Charlie Dalin, toujours en tête du « Vendée Globe » !
PS: Plus tôt dans l’après-midi, l’Assemblée nationale avait voté à une très large majorité (484 voix contre 70) lors d’un vote seulement consultatif, contre le traité de libre-échange du Mercosud entre l’Europe et les pays sud-américains. Les opposants issus de la gauche et du Rassemblement national n’ont même pas eu le courage de s’allier à la majorité de l’hémicycle. Raison invoquée: ils auraient préféré, se sont-ils défendus, que cette opposition soit vraiment définitive. Un vote unanime aurait tout de même pesé d’un autre poids (même petit) à Bruxelles. Dommage…