Quand le Président prêche dans le désert et un « ex » avale un boa ! Et Michel Barnier une…raclette

C’est ce soir aux environs de 20 heures que la tête de Michel Barnier tombera. Roulée dans la sciure d’un échafaud avec ses deux bourreaux, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. A moins qu’une épidémie de gastro ne décime les rangs des députés du RN d’ici là ! Avec le vote d’une motion de censure, la première depuis la chute du gouvernement alors conduit par Georges Pompidou en 1962, qui, sept ans plus tard allait devenir président de la République. On va assister cet après-midi à l’Assemblée nationale à une seconde première, celle de voir un ancien chef d’Etat, François Hollande, apporter sa pierre à l’édifice pour une opération de totale déconstruction. Celle de la France vaincue et tombée à terre par une addition d’intérêts personnels et électoraux pour deux des acteurs majeurs. Pressés d’en découdre au plus vite, lors de la mère des élections, la présidentielle. Peu importe pour eux si les conséquences en découlant vont entraîner notre pays dans une situation de chaos budgétaire. Même si le chef de l’Etat, interrogé en Arabie saoudite, s’est fait fort de minimiser et de croire à un sursaut de dernière minute: « arretez de faire peur aux gens, la France est un pays riche et solide avec une constitution stable ». C’est ce qu’on appelle prêcher dans le désert dont il était très géographiquement proche. On ne peut pas dire par ailleurs que ses quelques mots prononcés à l’égard des futurs bourreaux de Michel Barnier et des dirigeants du Parti socialiste aient été les plus malins et efficaces pour tenter une dernière manoeuvre de sauvetage de son Premier ministre, qui, hier soir, en dépit de toute sa combativité ne pouvait pas renverser la table. Il était trop tard. Emmanuel Macron ne visait-il pas aussi son propre camp qui depuis lundi ne cesse de dramatiser la situation ? Une démarche bien étonnante alors que le PS, parti de gouvernement, cosignataire de cette motion de défiance, s’apprête lui aussi à avaler l’énorme boa que lui a présenté la France insoumise pour faire tomber le savoyard « ramoné » également par une partie des troupes du bloc central. Et tout particulièrement par ses deux leaders d’Ensemble pour la République et des Républicains, Gabriel Attal et Laurent Wauquiez, qui lui auront bien , tout au long de ces trois derniers mois, savonné la planche. Avec aussi une frondeuse en chef, l’ex de Matignon, Elisabeth Borne qui ne trouvait rien de bon dans ce budget. Sa mission était impossible, surtout avec de tels alliés privilégiant leur avenir personnel pour les deux premiers. Et que dire du PS totalement hypnotisé par la France insoumise, le génie du mal ! Il n’a pas honte François Hollande de monter, non plus sur son cyclo rue du Cirque pendant sa présidence, mais bien couvert de sa casquette ou plutôt de son casque de « capitaine de pédalo », comme aimait à la surnommer le « petit dictateur » de LFI, Jean-Luc Mélenchon. Qui se sera payé le luxe et le pas très malin mais plaisir, hier de cracher sur les « fachos » du Rassemblement national. Cela n’empêchera pas Marine Le Pen et ses amis de « mêler leur sang » avec leurs complices de LFI. Ca commence néanmoins à tanguer un peu dans les campagnes chez nombre de sympathisants du RN, à juste titre inquiets, à l’image de plus en plus de décideurs économiques, petits et grands, des conséquences inévitables de cette décision. Il n’est pas sûr qu’ils se retrouveront du côté des gagnants de cette pagaille en prévision. Et le pire, dans cette affaire, c’est que les fauteurs de troubles s’en lavent les mains, pourtant bien sales en l’espèce, et ne seront pas condamnés, eux, à remettre les mains dans le cambouis pour tenter de remettre le navire à flots. Avec un nouveau Premier ministre de la même couleur politique et non issu de la gauche. Ce n’est pas leur problème, c’est au « diable » Emmanuel Macron, en visite ce matin d’un site archéologique dans le désert (quelle image désastreuse !) qu’il revient de décider de la suite. Avec une forte proportion à privilégier son départ. Les incendiaires déclinent toute responsabilité. Ce n’est plus leur problème. Le leur consistait à dégager Barnier et lui offrir une raclette comme dernier repas à Matignon, et laisser la patate bien chaude au chef de l’Etat. On en arriverait presque à « rêver » que la clé du camion leur soit confiée…et qu’ils se « démerdent » les nouveaux fiancés de cette union naturelle des extrêmes ! Et on en reparle dans six mois. Il sera alors hélas trop tard…

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