Trois petits mois et puis s’en va. Exit le négociateur du Brexit anglais. Michel Barnier n’est pas parti, contrairement à ce que certains de ses adversaires politiques ont claironné de façon très inélégante avec « en plus le déshonneur ». Quel déshonneur y a t-il de perdre en refusant d’avaler toutes les couleuvres de Marine Le Pen, qui contrairement à ce que j’imaginais, comme tant d’autres, a été jusqu’au bout dans sa démarche destructrice en se « mélenchonisant ». Quel déshonneur y-a-t-il d’essayer, pour le seul intérêt de la France, de ne « pas faire tout bien » mais ne pas faire « tout mal non plus ». Il ne pouvait pas y avoir de miracle en un temps minimum. La France insoumise qui n’a pour seul objectif que de semer le chaos et de s’offrir la tête d’Emmanuel Macron, aura eu au moins le mérite de la franchise et d’annoncer la couleur. Celle de présenter Jean-Luc Mélenchon dans les meilleurs délais à une présidentielle anticipée bien utopique. Contrairement au Rassemblement national qui lui, ne cesse d’y penser sans trop la formuler en toute hypocrisie pour lui aussi mais pour d’autres raisons, le calendrier judiciaire de sa cheftaine. A comparer avec l’âge du capitaine pour l’autre.
Les deux groupes des extrêmes ne feront pas le moindre cadeau au futur locataire placé sur un siège très éjectable à Matignon à qui ils ont déjà promis la même issue fatale: la porte dans les meilleurs délais. Le petit nouveau n’aura que quelques semaines avec son équipe gouvernementale pour tenter de faire ses preuves et si possible d’aller jusqu’au mois de juin prochain, délai indispensable pour affronter la dissolution. Et mener dans ce contexte délétère et explosif où le mot compromis est impossible à prononcer, une mission impossible d’entrée ! Bon courage au sacrifié d’avance. Qui arrivera avec la seule promesse comme cadeau de bienvenue rue de Varenne: celle lancée par Laurent Wauquiez, qui, s’il réserve sa réponse sur une éventuelle participation gouvernementale des Républicains, rassure le futur impétrant. Son groupe ne rejoindra pas le camp de la censure. On verra ! Surtout en fonction de l’identité du nominé.
On sait en effet ce que vaut la parole du président du groupe LR, encore une fois très faux dans son intervention, qui, comme son posssible rival, Gabriel Attal, n’a pas vraiment aidé son « ami Michel »...Ce dernier ne pouvait que sentir très vite et avant les fêtes de fin d’année…le sapin ! Tous, à quelques exceptions près, auront bien participé au scalp du savoyard, synonyme de la mise à l’arrêt de la France au bord du vide et d’un blocage vertigineux. Avec une très large participation au premier rang de députés clownesques. Du rarement vu à cette échelle. Comme la veille, toujours au sein de l’hémicycle, pendant les questions au gouvernement où l’hommage à un homme disparu, en la personne de l’ancien maire de Saint-Malo et aussi député au bon vieux temps des députés-maires, René Couanau, un « grand maire » selon Michel Barnier, qui l’avait croisé dans plusieurs cabinets ministériels, fut interrompu-on ne sait pas pourquoi-par un brouhaha orchestré une fois encore par des « abrutis » de députés LFI. Ce qui conduisit la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, à intervenir: « J’attends que l’on se respecte dans cet hémicycle. On parle de la mémoire d’un homme qui vient de disparaître. C’est scandaleux ! Quand on en arrive à cette extrémité d’intolérance honteuse, il y a en effet de quoi l’avoir très mauvaise. Ce qui fit dire au futur partant « Juste du respect et un peu plus de calme. Il m’arrive de penser comme vous, Monsieur Chassaigne« , député PC à qui il répondait, « sans doute que cette Assemblée nationale a bien changé ». Une simple vérité de la Palice qui illustre tellement bien le climat ambiant du Palais Bourbon !