« Et maintenant que vais-je faire ? « C’est pas ma faute à moi ». Les titres de chansons ne manquent pas vraiment au lendemain de l’allocution du chef de l’Etat. Il n’y a que l’embarras du choix, alors que son élocution n’était pas aussi fluide que de coutume…devant un total (toutes chaînes confondues) de 17 millions de téléspectateurs assis devant leur petit écran. Encore une belle audience supérieure de 2 millions par rapport à l’annonce de la dissolution qui, elle, ne peut être sujette à caution. De toute façon son intervention ne pouvait être que pilonnée par ses adversaires et une très forte majorité d’éditorialistes. Par tout le monde ou presque. Même si très remonté, il n’entend pas mettre un genou à terre (battue comme au tennis) pour autant. Tout juste a-t-il concédé un point lorsqu’il a déclaré que sa dissolution avait été incomprise par nombre de ses compatriotes. Ce que les mêmes détracteurs ont interprété comme un « les français sont trop cons pour comprendre ».
Toujours est-il que le locataire de l’Elysée, résidence présidentielle qu’il ne quittera qu’à la fin de son mandat, en 2027, s’est-il exprimé très clairement, a aussi dit qu’il n’assumerait pas les « irresponsabilités des parlementaires de l’arc anti-républicain ayant choisi en conscience de faire tomber le budget et le gouvernement de la France à quelques jours des fêtes de Noël ». La messe était dite, avant même celle de la réouverture en mondiovision de Notre-Dame, demain samedi. Une parenthèse plus enchantée pour le président de la République qui, a priori, ne révèlera pas le nom de son…quatrième Premier ministre de l’année avant dimanche soir ou plus probablement lundi, à la tête d’une nouvelle équipe gouvernementale « d’intérêt général agissant sur la base de compromis au sein même de l’arc républicain et s’engageant de ne pas le censurer ». Dont il exclut bien évidemment les très vilains « canards » des extrêmes. Il n’aurait plus manqué dans ce capharnaüm qu’il ouvre la porte à la France insoumise et au Rassemblement national. Qui de toute façon ont décidé de s’unir pour le pire. Et si au final Marine Le Pen avait remporté une victoire à la Pyrrhus en votant la censure. Qui va peut-être remettre en effet en jeu leur ennemi préféré qui, ce vendredi, doit recevoir le triumvirat du Parti socialiste composé de son premier secrétaire et des deux présidents des groupes PS au Sénat et à l’Assemblée nationale. Les lignes semblent bouger ! Le PS étant ouvert à une discussion « sur la base de concessions réciproques avec les macronistes et les Républicains » invités aussi à cette consultation présidentielle au fil de la journée. Ce qui n’a pas été le cas, visiblement des deux autres composantes du Nouveau front populaire, les écolos et communistes évités… mais qui, semble-t-il, n’avaient pas solicité de rendez-vous élyséen. Avec quel Premier ministre à l’arrivée ?
Il semblerait que le ministre des Armées, l’eurois Sébastien Lecornu, ne tienne plus la corde, jugé trop proche du couple Macron et victime de tirs de barrage de quelques uns de ses bons amis macronistes et que « Lou Bayrou », reviendrait du diable vauvert et cravacher pour coiffer d’un béret béarnais tout ce beau monde pour Matignon. Aidé en cela par quelques « gros bonnets » de l’écurie présidentielle dont « Gaby » Attal, toujours bien placé dans les mauvais coups ! Ou prétendus tels. Forcément par de bien mauvaises langues qui ne se privent pas de s’en prendre aux manoeuvres du capitaine du navire amiral macroniste.
Et pendant ce temps là, une autre experte en coups tordus, la nature ayant horreur du vide, a profité des incertitudes de la politique française, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, de façon toute aussi peu cavalière, s’est envolée pour Montevideo en Uruguay pour essayer de décrocher ou a minima faire bien avancer la signature du traité de libre-échange commercial du Mercosur, entre l’Europe et les pays d’Amérique du sud…Une attitude peu fraternelle et empreinte de solidarité. La « frau » allemande oublie bien vite les difficultés que son pays traverse à bien des niveaux. Dont celui du gouvernement dont elle est proche politiquement pourrait lui aussi être renversé dans un avenir très rapproché et que l’Italie vient d’annoncer qu’elle se rangerait au côté du président français pour refuser cet accord…Pas bien Ursula ! Qui avec un grand courage a préféré annoncer ce vendredi son absence à la réouverture de Notre-Dame, où elle se serait faite sonner les…cloches par son « ami » français !