Il ne pouvait pas aimer plus beau scénario que celui qui lui a été offert sur un plateau bordé d’une couronne d’épines de Noël: Matignon, le jour anniversaire de la naissance du roi Henri IV (auquel il a consacré plusieurs ouvrages) converti au catholicisme assassiné en 1610 par un certain Ravaillac, l’une des dates phares de notre histoire. Que l’ancienne génération connait par coeur ! On n’en dira pas autant de la nouvelle nourrie au lait parfois très aigre et dévastateur des réseaux sociaux et des tablettes qui ne sont pas celles en chocolat. Une médaille en chocolat anticipée avant les festivités de fin d’année qui, une fois encore, est revenue à l’eurois Sébastien Lecornu, que les mauvaises langues vont surnommer le nouveau Poulidor de Matignon. Un champion autrement plus connu et populaire il est vrai. Et se voir comparé à « Poupou » n’est en rien un outrage fait à la personne du ministre des Armées, dont la longévité gouvernementale sous l’ère Macron est la plus grande. Toujours placé mais jamais gagnant du Tour de France face à un autre normand de légende, Jacques Anquetil, puis du belge Eddy Merckx. Encore que là, vers 11 heures, l’ancien maire de Vernon et président du Conseil départemental de l’Eure, semblait tenir le sprint gagnant après une rencontre matinale agitée de plus d’une heure et demi entre le chef de l’Etat et son visiteur, François Bayrou, prononcez Baillerou et non Bérou (ça l’énerve) réveillé vers cinq heures du matin, pour être convoqué trois heures plus tard à l’Elysée pour un oral décisif et surtout informatif sur un nouveau raté de l’histoire, où à l’aller, il passa par la grande porte et une dérobée à la sortie ! La discussion ne s’était visiblement pas bien passée entre les deux hommes, certains même prêtant au maire de Pau, appenant sa non-désignation, la volonté de claquer la porte du bloc central pour son groupe d’une trentaine de députés à l’Assemblée nationale. Parti du palais présidentiel avec la quasi assurance d’être une nouvelle fois débordé et que son ami de 7 ans lui préfère, soit « Seb » Lecornu, soit l’ancien ministre de l’Industrie et actuel vice-président de l’Assemblée, Roland Lescure, représentant de l’aile gauche de la Macronie, qui lui aussi connut des plus gros tirs de barrage encore dans les ultimes heures de cette insupportable matinée de tractations. Quel cirque déplorable. Avec un final haletant ponctué par un bref retour du palois au palais de l’Elysée puis l’annonce officielle de sa « victoire » vers 12h45. Le rêve de toute une vie politique même si « Lou Bayrou » aurait préféré le fauteuil suprême: celui de la rive droite de la capitale. Le Macronisme à la sauce béarnaise était enfin liée avec une intronisation rue de Varenne à la tombée de la nuit. Au cours de laquelle son prédécesseur, Michel Barnier, une fois encore « top classe » l’accueillit avec une bienveillance bienvenue et réciproque. Et l’assurance pour le nouvel occupant des lieux de se retrouver comme il le déclara au pied, non pas des montagnes des Alpes, en clin d’oeil à son prédécesseur, ni celles de ses chères Pyrénées, mais bien devant de sommet du globe, l’Himalaya, vu la montagne de difficultés qu’il va devoir affronter sans le moindre délai. Avec déjà hors politique la dégradation de la note d’une des agences financières internationales dans la nuit, Mood’ys (bien prompte à saluer l’arrivée d’un nouveau chef de gouvernement avec cette entorse au calendrier usuel) pour « cause de fragmentation de notre vie politique nationale) et beaucoup plus loin un avis de très forte tempête avec des vents à plus de 200 kilomètres/h, tombée sur le malheureux archipel de Mayotte, déjà le plus pauvre de nos départements, frappé par un cyclone de couleur violette, la pire…Quatre morts sont déjà à déplorer comme des dégâts impressionnants sur un territoire où un tiers des habitations sont en état de précarité avec des toits de tôle ondulée.
Un mot tempête dont va devoir s’acclimater hélas celui qui s’est tout de même « bien imposé » dans ce qui a ressemblé à un passage en force. Son objectif reste bien de « renoncer aux éléments de langage et mots artificiels pour le mur de verre qui s’est contruit entre les pouvoirs et les citoyens et sa volonté première d’assurer de sa volonté de réconciliation ». Et modeste, avec ça, ce qui n’est peut-être pas sa qualité première, « face à l’ampleur de la tâche ». Une mission encore impossible ?
Bon courage Monsieur le Premier ministre ! Au lendemain d’une folle matinée de revirements où il est parvenu à faire plier son Président. Il lui en faudra du courage pour parvenir à inverser une tendance pas fameuse face à ses oppositions multiples peu décidées à lui laisser le moindre répit et à une opinion publique pas encore sous le charme, si l’on en juge les premiers sondages sortis. Une célérité » toute aussi…précieusement ridicule ! Ne faut-il pas comme on le dit souvent « laisser sa chance au produit » ? Ce qui n’a pas été le cas pour son prédécesseur.