Un manque de Pau et une maladresse, certes, mais tellement surdimensionnée !

Ne dit-on pas, à juste raison que tout ce qui est excessif est souvent dérisoire. On en a encore eu la preuve, lundi soir, avec le déchaînement une fois encore politico-médiatique à l’égard de la « faute » de communication du Premier ministre, s’échappant quelques heures de Paris pour aller présider sur ses terres paloises une séance du Conseil municipal de sa ville, ce dernier n’ayant pas caché l’ambition de termirer son mandat d’édile. Peut-être que cette réunion aurait dû être ajournée du fait de l’agenda d’urgence du chef du gouvernement ? Pris aussi par la constitution toute aussi urgente de son équipe qu’il espère bouclée d’ici à la fin de la semaine. Même s’il doit composer aussi avec la présence du chef de l’Etat, ce dernier ayant annoncé son intention de se déplacer à Mayotte dans les prochains jours. Que n’avait-il pas fait là de privilégier quelques heures ses administrés plutôt que s’occuper de la plus grande crise humanitaire qu’ait connu la France depuis plusieurs décennies à plus de 8.000 kilomètres de la capitale. Qui a vu le ministre de l’Intérieur, l’omniprésent démissionnaire (commes ses collègues) Bruno Retailleau (dont Laurent Wauquiez voudrait bien couper les ailes) se rendre sur le terrain des opérations et mesurer toute l’étendue de la catastrophe. Certes, on peut s’intérroger sur la maladresse du nouveau Premier ministre, qui ne manque pourtant pas de « bouteille » et d’expérience pour mesurer les risques qu’il prenait là. Le déluge infernal n’a pas seulement concerné que Mayotte mais également une bonne partie de la classe politique, évidemment de son opposition municipale paloise, la première à lui « rentrer dedans » et nationale ayant surjoué la dimension de la bévue de « Lou Bayrou » prince de Navarre. Très mal expliquée et justifiée il est vrai en plus par le principal intéressé profitant de l’occasion qui lui était offerte pour remettre sur le tapis l’intérêt du retour au cumul de certains mandats dont celui de député-maire. Le moment était certes mal choisi, mais tout de même, quel tsunami disproportionné. Jusqu’à ce matin la déclaration de la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, qui aurait préféré que le locataire de l’Hôtel de Matignon se déplace à Mayotte plutôt qu’à Pau. C’est évidemment facile et surtout…déplacé, c’est le cas le dire, pour une ancienne et très éphémère ministre des Outre-Mer (quelques jours seulement) pour celle qui préféra les dorures du palais Bourbon il y a un peu plus de deux ans pour succéder au perchoir à Richard Ferrand, battu aux législatives dans son fief breton ! La même qui, en grande cohérence, avait fortement conseillé au chef du gouvernement d’être bien présent cet après-midi au sein de l’hémicycle, face aux députés. Il faudrait savoir. Surtout qu’en dépit des urgences du moment, l’Assemblée va elle s’offrir trois semaines de vacances et donc interruption de ses travaux jusqu’à là mi-janvier ! Ca me semble au final plus…déplacé que la maladresse du maire de Pau. Et que dire d’autres personnalités qui aujourd’hui pleurent toutes les larmes de leur coeur sur le sort tragique de la population mahoraise, victime entre autres de l’abandon de l’état français et de l’extrême surpopulation générée depuis des années par l’arrivée de centaines de milliers de migrants originaires des Comores voisines. Qui certes, vivent dans des conditions effroyables dans des bidonvilles mais qui, il ne faut pas l’oublier, sèment la terreur en toute impunité ou presque sur le « caillou ». Des violences insupportables qui n’ont pas fait leur apparition depuis la première élection d’Emmanuel Macron. La crise de l’eau et des habitations plus que précaires, hélas, ne datent pas en effet d’hier. Les gouvernements successifs de gauche et de droite sont aussi coupables sur la durée d’avoir abandonné ce petit territoire de l’océan indien, otage depuis quelques jours des habituelles bisbilles franco-françaises prétextes à tant d’expressions délirantes ne faisant pas honneur à leurs auteurs …Alors que la présence de deux ministres et d’un secrétaire d’état originaire de l’archipel, me semble-t-il, suffisait dans l’état actuel d’une situation en grand mouvement, ne serait-ce que pour ne pas trop gêner toutes les opérations menées en première urgence sur le sol mahorais…

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