C’est de saison. Celle de la dinde ou du chapon farcis aux marrons. Sauf que l’on ignorait encore que c’était une spécialité sortant de la cuisine de Matignon et de l’Élysée. Il n’y a toujours pas de gouvernement en cette veille du réveillon de Noël. Et la soirée d’hier s’est transformée en farce au goût désagréable. A peine le nom possible de Xavier Bertrand avait-il été prononcé pour s’installer Place Vendôme à la Justice, que les sulfateuses ont été sorties de l’armoire de Marine Le Pen et ses amis du Rassemblement national. Les « Tontons flingueurs » ont repris du service. Pas question que leur vieil ennemi si honni ne devienne garde des Sceaux qu’ils interprètent comme un nouveau « bras d’honneur » et « une provocation « . Surtout avec l’approche du verdict de son jugement. Ils n’en voulaient déjà pas, encore plus, à Matignon. C’était la sanction immédiate de la censure. Rebelote hier. Mais qui est en charge de former la nouvelle équipe gouvernementale ? Et pour un poste de…concierge dans un quelconque ministère, ils seraient bien encore capables de lancer une autre fatwa ? Ce qui n’est pas banal. Il n’en fallait pas plus à l’exécutif pour devoir supporter ce nouveau blocage s’ajoutant à ceux de l’identité du futur ministre des Affaires étrangères avec ses deux prétendants, le sortant MoDEM, Jean-Noël Barrot, (le fils de l’ancien ministre qui en Haute-Loire, mit le pied à l’étrier d’un jeune ambitieux nommé Laurent Wauquiez) et Gérald Darmanin. Sans oublier celui de Bercy toujours incertain. Et puis aujourd’hui c’est jour de deuil national en hommage aux victimes du drame de Mayotte. Pas le moment adéquat il est vrai pour honorer nos compatriotes de l’océan indien. Ça ferait tout de même désordre que l’on assiste à des passations de témoins dans les ministères. D’où l’annonce ce lundi matin par l’Élysée que la constitution du gouvernement ne serait pas rendue officielle avant 18 heures. Ce qui pour autant ne va pas empêcher la « Marine nationale » et tant d’autres de manifester leur colère. Comment osez-vous ? Le mot « indécence « est revenu avec insistance. Non sans une certaine raison d’ailleurs. Alors que la même, toujours ce matin, parlait d’un scandale concernant ce nouveau différé. N’y participerait-elle pas aussi avec une réelle gourmandise. Tout comme d’ailleurs tous ces ministres poids lourds d’hier mais qui aujourd’hui font preuve d’une exigence bien exagérée pour prétendre à un poste et pas à un autre! La mauvaise farce s’épaissit d’autant plus que l’exécutif tergiverse. Résultat, c’est le capharnaüm le plus total et Marine Le Pen reprend la main et s’offre le droit d’avoir…droit de vie ou de mort sur le gouvernement. Choisissez votre camp camarades gouvernants !