« Plus de rapidité et de fermeté » : Gérald Darmanin n’a pas perdu de temps !

On ne situe pas au niveau d’une course de chevaux, mais l’attelage semble cohérent dans ce nouveau duo régalien de choc. Ils ne se connaissent pas pour autant très bien, même s’ils ont fait partie de la même écurie avant de choisir leur ligne, l’un restant dans son couloir des Républicains à la Haute-Assemblée et l’autre ayant opté pour celui de la Macronie depuis 2017 !

Redevenu non pas « Pinot, simple flic «  depuis juillet, mais député EPR, Gérald Darmanin ne s’attendait pas probablement à retrouver si vite un poste ministériel. Surtout à la Justice. Que convoitait aussi son voisin des Hauts-de-France et plutôt ami, Xavier Bertrand.

C’est assez drôle de se remémorer lorsqu’on l’entendait pendant son règne place Beauvau, dire que « le problème de la police c’était la justice ». Même si son entente avec l’ancien Garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti s’est plutôt bien passée dans l’ensemble. De toute façon mieux que le duo Retailleau-Migaud dont la durée de vie ne dépassa pas un trimestre ! Et pourtant le courant fut parfois très vif toutes ces dernières années entre le ministre et son successeur comme premier des flics et gendarmes. Tout au moins jusqu’à ces derniers mois où l’on a cru poindre une certaine complicité entre les deux hommes. C’est peu dire que l’ancien sénateur vendéen, bras droit de François Fillon à la présidentielle de 2017 et ferme opposant du macronisme, croisa le fer avec le ch’ti maire de Tourcoing. Et les voilà donc unis pour le meilleur, espérons-le. Jusqu’à ce peut-être, si la mayonnaise fonctionne, et que le gouvernement survive un peu plus longtemps que celui de Michel Barnier, que des événements futurs ne les séparent à nouveau.

On connaît la propension de Gérald Darmanin à prendre lumière et à occuper le terrain! Il vient de commencer fort en prenant sa journée de Noël à attirer les caméras lors de ses premiers déplacements à la rencontre des magistrats de permanence au tribunal d’Amiens puis de visiter sa…première prison. Dans le rôle de sa nouvelle mission. Il sait faire et communiquer comme son ancien « maître » alors ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Il n’a même pas attendu vingt-quatre heures avant d’envoyer quelques cartouches en « espérant une justice plus ferme et rapide » dans un contexte où « la violence s’est débridée ». Encore faudrait-il qu’il obtienne davantage de crédits, même si l’un de ses prédécesseurs, Éric Dupond-Moretti, est parvenu avec un budget fortement revu à la hausse , à renverser un peu le niveau épouvantable d’une administration victime d’une terrible bureaucratie depuis quarante ans. Ça ne date pas d’hier lorsqu’on sait qu’il faut sept ans en moyenne pour qu’une prison sorte de terre. Aussi Gérald Darmanin prône-t-il , entre autres, une nouvelle génération de centres de détention et de maisons d’arrêt plus adaptés à l’époque actuelle. Encore faudrait-il, là encore, que les élus toutes tendances confondues et notamment ceux de droite , acceptent sur leurs territoires des structures que refusent trop souvent leurs populations locales. D’où une hypocrisie totale qui fait que les promesses ne sont jamais tenues en terme de places (plus de 4.000 détenus dorment sur des matelas de fortune dans des cellules souvent surchargées) qui font que la France est souvent pointée du doigt et condamnée pour ses manquements au niveau de l’Europe, pour sa politique carcérale.

La Justice s’est « clochardisée » depuis des dizaines d’années. La tâche n’est pas mince pour le nouveau locataire de la Place Vendôme confronté, qui plus est, à des réductions de dépenses dans le futur budget. Il va falloir qu’il « ferraille » dur…Ses bonnes intentions et son discours droitier ne suffiront pas, même s’ils collent à une exigence de nos compatriotes. Très majoritaires en terme de demandes de plus grande fermeté ! N’en déplaise à une opposition aussi syndicale au sein de la magistrature…Qui n’est pas prête à accueillir son nouveau ministre « à bras ouverts ». Comme leurs collègues de l’Enseignement qui ont dû apprécier à sa juste valeur la confession de leur nouvelle ministre de tutelle, Elisabeth Borne, déclarant qu’elle n’avait pas beaucoup de connaissances techniques de son nouveau poste rue de Grenelle ! Ça promet…

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