On mettra ça sur le compte du stress à l’occasion de son premier lapsus en tant que nouvelle porte-parole du gouvernement. Sophie Primas s’est en effet emmêlée les crayons lors de sa première confrontation avec les journalistes lors de son premier « commentaire » du conseil des ministres. « Votre présence, s’est-elle félicitée, témoigne de l’attention accordée à notre vie démocratique: la cérémonie du compte-rendu du conseil municipal ». Voulait-elle faire un coup d’oeil appuyé à François Bayrou, édile de Pau, dont pourtant elle n’était pas trop en proximité politique et dont la nomination à ce poste sensible de porte-parolat a quelque peu surpris ? Toujours est-il que la ministre, très ironique souvent dans ses tweets moqueurs contre François Bayrou ces dernières années, sans se rendre compte de son erreur, a poursuivi comme si ne rien n’était son propos. C’est ce qu’on appelle faire parler d’elle dès sa première intervention officielle. Un rodage donc difficile !
Même si là aussi, ça arrive frequemment lors des constitutions de nouveaux gouvernements, en dépit de la volonté manifestée par le Premier ministre, de rendre les relations plus fluides au sein de son équipe, tout ne se passe pas parfois sans anicroche. La preuve avec la grosse déception du nouveau ministre de la Santé, Yannick Neuder (un nouvel inconnu cardiologue de formation) placé sous la haute responsabilité de la « super ministre du pôle Santé » Catherine Vautrin, de devoir lui rendre les anciens bureaux occupés auparavant par Geneviève Darrieussecq, qui, comme bien d’autres en dépit de sa proximité centriste avec le chef du gouvernement, a dû rendre son tablier ou plutôt sa blouse de ministre de la Santé ! Ah la susceptibilité immobilère des uns et des autres…
Là il ne peut s’agir de susceptibilité, mais bien de grogne très légitime. Celle d’une usagère du rail sur la ligne Cherbourg-Paris, qui partie du Cotentin hier vendredi avec déjà du retard après une annulation de son premier train a vu le second être lui aussi annulé pour cause d’accident à un passage à niveau, d’où la nécessité d’en prendre un troisième. Puis un quatrième à la hauteur de Caen après le bris d’une fenêtre dans un wagon. Soit encore une heure de retard supplémentaire. Comme quoi le vieux slogan « C’est toujours possible à la SNCF », reste ô combien valable. Surtout en Normandie où les désagréments techniques sont légion ! Toujours est-il que cette « naufragée » du rail, comme l’ensemble des passagers, a dû patienter et repatienter pour arriver, à bon port si j’ose dire, à la gare Saint-Lazare au bout d’une film de suspense proche de dix heures. Un long-métrage dont la malheureuse se serait bien passée. On peut être sportive mais pas forcément apprécier d’être contrainte de jouer de longues prolongations sur un trajet qui normalement n’excède pas trois heures trente environ ! Le nouveau slogan pourrait être « La SNCF s’excuse pour ses retards répétés et vous souhaite une bonne année 2022 ou 23 ». Les trains ont vraiment le temps de regarder les vaches normandes. Et l’inverse est tout aussi vrai. Le « Duc de Normandie », Hervé Morin, devrait se pencher sur ces dysfonctionnements régionaux, répétitifs, par la fenêtre…