C’est donc d’un pas très assuré que « Tati Mariana » le surnom que lui donnent ses nombreux amis mahorais, qui va être accueillie sur leurs terres à partir d’aujourd’hui dimanche pour un déplacement lointain de la première opposante de la métropole, sans le moindre risque. Son quatrième sur l’archipel dévasté par l’ouragan Chido, où elle a renversé les compteurs en obtenant 59 % à la dernière présidentielle. Il paraît si loin le temps, où « papa » Jean-Marie Le Pen, en 1987, le président de Front national d’alors, n’avait pu poser le pied sur le tarmac de la Martinique devant la vive hostilité des manifestants venus l’empêcher de descendre de son avion ! Depuis le score du parti nationaliste dans les Antilles, comme dans la plupart des territoires d’outre-mer et tout particulièrement dans l’Océan indien, ont connu des scores exponentiels virant au double ! Un miroir inversé qui peut faire peur et interroger.
Marine Le Pen est en revanche beaucoup plus hésitante sur son projet s’assister à la cérémonie d’investiture de Donald Trump. L’incertitude demeure sur sa participation contrairement à celle de plusieurs dirigeants du RN déjà confirmée, dont celle du maire de Perpignan, Louis Aliot, son ex qui l’accompagne d’ailleurs déjà à Mayotte. Plusieurs intimes de la cheffe nationaliste lui déconseillent même une telle option, instruits par le fiasco à la « Trump Tower » il y a huit ans, où elle avait reçu le camouflet de ne pas rencontrer le nouveau locataire de la Maison blanche. « C’est un peu comme aller à un mariage où tu n’es pas invité ». Et puis et surtout le caractère imprévisible et la popularité du successeur de Joe Biden en France ne plaide pas en faveur d’un soutien fort du président retrouvant son fauteuil dans le bureau ovale. Et lorsqu’on y ajoute la politique commerciale très agressive qu’il entend engager vis-à-vis de l’Europe, entre autres, il y a de quoi être très dubitatif sur l’intérêt électoral d’un tel voyage à Washington ! Beaucoup plus risqué que celui de Mayotte en terme d’image. Où elle va jouer sur du velours en terre plus amicale qu’inhospitalière !
Les hommages hier à l’annonce du décès survenu à l’âge de 87 ans, de Claude Allègre, figure emblématique des années Jospin, ne pouvaient bien sûr être que contrastés. Une personnalité très controversée à la fois pour ses positions ouvertement climatosceptiques à travers ses écrits mais aussi et surtout pour son passage rue de Grenelle, au ministère de l’Education nationale où, à son entrée, il promit de « dégraisser le mammouth ». Une formule courageuse qui lui valut une forte animosité et des relations conflictuelles avec les syndicats-maison. Qui parvinrent à « avoir sa peau » en 2000. Sept ans plus tard il rompt définivement les ponts avec son camp, le Parti socialiste, qu’il quitte après avoir refusé de soutenir la candidature de « Ségo » à la présidentielle de 2007 où l’ex-ministre de gauche rallie Nicolas Sarkozy, dont la campagne l’impressionne ! Le géochimiste de formation se retira du débat public après un accident cardiaque en 2013. Son prédécesseur à l’Education nationale qui lui laissa les clés du « mammouth » finalement non dégraissé en 1997, François Bayrou, s’est plu hier à reconnaître le départ « d’un esprit original, grand scientifique, un homme de combats qui ne craignait pas le « seul contre tous ». Il aimait la transmission par l’école dont il avait une haute idée. Le courage était sa marque… ». Ainsi soit-il.