A chacun son Everest ! Et son coup de bluff ? Les « gros mots » suspension et abrogation censurés

A chacun son Everest ! Celui de la mer étant tellement plus beau…Alors que Charlie Dalin, le skipper havrais, franchissait la ligne d’arrivée avec neuf jours d’avance aux Sables d’Olonne sur le précédent record établi par Armel Le Cleac’h en 2016, un « navigateur » en eaux troubles, celui-là, (il est loin d’être le seul) politiques, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, annonçait à la même heure en début de matinée la possibilité d’un accord et la réussite des tractations passées avec le gouvernement. Restons tout de même prudents. Peut-être ne s’agissait-il que d’un ultime coup de bluff pour faire porter la responsabilité d’un échec potentiel sur Matignon ? La réforme de la retraite tant décriée n’était pas encore définitivement enterrée alors que le même homme rapportait hier soir « que le compte n’y était toujours pas ». Comme quoi le nouveau « Jean-Claude Dusse » (en beaucoup moins drôle) de la politique française, pourrait sur un malentendu, l’emporter. Avec ses amis de la gauche non radicale. Encore que l’on peut se poser des questions sur la fiabilité de ces arrangements entre amis toujours tenus en laisse par LFI ! Et surtout mettre à mal au passage le mariage électoral des forces de gauche au grand dam des absents de ces tractations, la France insoumise qui crie forcément à la trahison. Les représailles, si représailles il y avait, pourraient être terribles. Un coup de barre à droite, un coup de barre à gauche, tribord, bâbord, on s’y perd depuis quelques jours. Et ça ne va pas briller à l’arrivée du jour comme pour le héros normand dans le port vendéen. Et ce qui est vrai chez les uns l’est tout autant chez les autres, où c’est aussi la soupe à la grimace. A droite et au centre, où l’on menace. Et chacun de montrer ses petits poings. C’est pire que les passages au Cap de Bon Espérance et au Cap Horn pour les champions du Vendée Globe !

En attendant un discours de politique générale d’un chef de gouvernement n’aura jamais été attendu depuis longtemps dans un tel suspense. Et dire en plus que la numéro deux du gouvernement, Elisabeth Borne, pourrait au même moment, pendant le discours de François Bayrou, se trouver contrainte au Sénat, au même moment, dans l’obligation d’annoncer le possible avis de décès de sa propre loi adoptée dans la douleur il y a deux ans par la voie d’un énième 49-3 ! Un de-profondis cruel pour l’ex Première ministre à qui rien ne sera décidément épargné. Si ce n’est peut-être, en compensation, elle obtenait l’abandon de la suppression initialement prévue de 4000 postes au sein de son ministère ! Si « Lou Bayrou » choisissait la toute aussi « casse-gueule » suspension du texte sur la retraite à 64 ans. Les mêmes qui évoquaient une possible crise de régime et non plus seulement politique, hier, si un compromis ne voyait pas le jour à l’Assemblée nationale, sont depuis ce mardi matin, les plus enclins à pousser une « gueulante » pour fustiger des « accords misérables » qui seraient pris. Qui seraient synonymes d’un abandon en rase campagne de la réforme emblématique et ô combien indispensable même si très impopulaire des deux quinquennats du chef de l’Etat. Reste encore que le budget n’est pas encore voté et que des « retours de manivelles » ne sont pas à exclure dans ce grotesque jeu de dupes. L’encre est loin d’être encore…sèche ! Pauvre France.

Dernière heure: François Bayrou a annoncé vers 11 heures qu’il n’y aurait ni suspension, ni abrogation de la loi sur les retraités ! On parlerait davantage de gel. De circonstance en cette journée glaciale au niveau météo ! En attendant la grosse chaleur de cet après-midi au sein de l’hémicycle.

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