Ca aurait tellement pu être pire ! Il ne s’en est pas au final si mal tiré, à l’issue d’un exercice exigeant même « si le compte n’y était pas » pour le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, qui n’a pas entendu sortant de la bouche de François Bayrou le mot qu’il espérait concernant la réforme des retraites » suspension » ou mieux encore « abrogation ». Mais davantage une connotation religieuse amusante d’un futur conclave réunissant les partenaires sociaux, le MEDEF et l’ensemble des syndicats, si toutefois ceux-ci acceptent de se mettre à table pour discuter sans tabou des améliorations pouvant être apportées à cette loi. L’équilibriste et funambule béarnais s’est montré assez malin et habile dans son discours de politique générale. D’où un oral partiellement réussi pour ce contorsionniste sur le tard, même s’il comportait un certain nombre de flous artistiques dans ses doubles axels et autres figures de style imposées d’un patinage périlleux sur des sujets laissés encore sans réponses claires. Notamment sur le maintien ou non des 4.000 postes dans l’Education nationale, le jour de carence pour les fonctionnaires, l’ouverture à une dose de proportionnalité pour les législatives…
Comme quoi aussi même à un âge avancé, il est permis de se glisser dans le « costume » de patineur sans chuter. Trop violemment sur la glace. Ce qui n’était pas évident d’avance dans une ambiance surchauffée avec des spectateurs turbulents comme toujours dans l’hémicycle. Heureusement encore que les micros leur étaient fermés pour cette séance. Ces dames et messieurs de la France insoumise ne respectent rien. Leur attitude de « bordélisation » devrait être disqualifiante. Comme les menaces proférées par leur leader Jean-Luc Mélenchon à l’encontre de ses partenaires socialistes du Nouveau front populaire qui pourraient subir des représailles s’ils ne votaient pas la censure. Et le suspense effroyable (défense de rire) continue toujours avec des « roses » qui n’ont toujours pas pris position. Ils attendent désespément des éclaicissements du Premier ministre, principalement sur les retraites et réservent leur position. D’appuyer ou non sur le bouton rouge. Qu’ils feront assez tôt…ou un peu plus tard. Les brebis un petit moment égarées du « troupeau » vert et rouge ont déjà repris le chemin de l’enclos insoumis. Quelle surprise ! Quelle farce dont on ignore encore qui sera l’identité du dindon, même si on ne doit pas se tromper d’espèces animales…L’important n’est-il pas que les retraités ne se retrouvent pas à poil dans cette ambiance de basse-cour et ces échanges de noms d’oiseaux surtout au sein de la grande famille de gauche plus divisée que jamais. Mais le garde-champêtre, JLM, veille au grain et entend toujours plumer la « volaille » socialiste en la gavant de menaces !
En attendant, les cardinaux empourprés du conclave devront faire preuve d’un peu de patience puisque le lancement de cette étape de consultations-renégociations devant se prolonger sur une période de trois mois, et promise par le locataire de Matignon à bail très précaire, ne se déroulera pas dès vendredi comme prévu, mais un peu plus tard, comme l’avait annoncé ce matin, Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT. Ce qu’a démenti deux heures plus tard Matignon, d’où un premier imbroglio provoqué très probablement par le temps nécessaire pour le lancement de toutes les convocations. La sortie de la fumée blanche s’en retrouvera-t-elle pour autant retardée ? Non puisque finalement la première échéance au niveau de l’agenda a bien été maintenue à vendredi 11 heures. Les mauvaises langues ne se privent pas d’ailleurs d’employer un autre mot de circonstance: « enfumage inutile pour cette reprise du chantier ». Qui a donc remplacé ceux des « gros mots » « suspension et abrogation », qui ne pouvaient être prononcés sous peine de fâcher aussi une autre partie de l’échiquier politique avec les Républicains, dont le patron, Laurent Wauquiez, plus remonté et outré que jamais par l’attitude de Jean-Luc Mélenchon et de ses compères d’une formation politique jugée « non républicaine »…