Un grand malade en fin de vie, pas si mal portant dans les urnes !

Ca s’accélère côté municipales à Paris. L’ancien candidat écolo à la présidentielle de 2022, devenu sénateur il y a moins de deux ans, Yannick Jadot, a officialisé ce lundi sans la moindre surprise son intérêt à son tour pour l’Hôtel de ville. Avec pour objectif de rassembler une gauche unie pour aller à la bataille. Et très probablement pour se frotter à l’actuelle ministre de la Culture, Rachida Dati. Son espoir d’unir toutes les forces de gauche semble bien en revanche présomptueux, alors que déjà pour le seul parti socialiste, deux candidats, le sénateur et encore illustre inconnu, mais adoubé par la « reine et majesté » Anné Hidalgo, qui ne souhaite pas prolonger son règne, Rémi Féraud et le député (élu en juillet dernier) Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint, sont déjà partis pour le marathon de Paris. Les frères ennemis auxquels devraient se joindre dans les meilleurs délais le cousin de la famille désunie du Nouveau front populaire. Il y aura bien en effet aussi sans la moindre surprise une tête de liste insoumise dans la capitale et ce d’autant plus que la guerre fait rage et que le courant radical-extrémiste entend peser de tout son poids dans cette élection très symbolique dans la ville-capitale. Et il n’est pas impossible qu’en fonction des événements à venir, un autre ambitieux se lance à l’assaut du trône municipal laissé vacant par Anne Hidalgo.

L’ex-Premier ministre, Gabriel Attal, n’a jamais fait mystère de son intérêt grandissant pour le poste. Sauf que ce scrutin interviendra, c’est une certitude avant la présidentielle, à moins bien sûr que celle-ci ne soit anticipée. Une hypothèse que je ne crois guère d’ailleurs. On voit mal un Attal, possiblement élu (ce qui est loin d’être l’hypothèse la plus probable) abandonner ses administrés parisiens pour se lancer dans la mère des élections quelques mois plus tard. Encore que tout est possible hélas en politique. Sauf aussi que « Gaby » a été sérieusement amoché et a traversé des moments douloureux depuis le dissolution d’où il n’est pas ressorti indemne. Même si comme ont le dit en jargon du rugby, « les mouches ont changé d’ânes », en référence à une fable de la Fontaine, « Le coche et la mouche du coche ». Pour preuves les deux derniers résultats des législatives partielles en Ardennes, au mois de novembre dernier, où le parti macroniste a repris un siège détenu par l’un des benjamins de l’Assemblée, démissionnaire pour des raisons de santé et parlementaire du Rassemblement national et surtout la plus récente. Puisque jouée hier dans la première circonscription de l’Isère à Grenoble après la démission forcée du sortant LFI soupçonné de violences sexistes et sexuelles.

Son « remplaçant » autoproclamé par ses amis insoumis l’ayant imposé, a pris un sérieux revers de fortune. Même s’il se disait ne pas représenter l’extrême-gauche, ce militant engagé pour le droit des enfants placés, Lyes Louffock, contesté et pas seulement pour son parachutage isérois a été lourdement défait au second sur le score sans appel face à son adversaire macroniste, qui, entre 2020 et 2022, avait suppléé à l’Assemblée le ministre Olivier Véran. 64,38 % contre 35,72 %, pour la gagnante-revenante, Camille Galliard-Nimier, il est vrai dans un scrutin marqué par une abstention record et une maigre participation de 38,25 %. Qui n’explique pas tout. Et ce d’autant plus que le candidat LFI était arrivé en tête (de peu avec deux points d’avance le dimanche précédent) mais sans grande chance de l’emporter néanmoins en tenant compte des reports. Visiblement excellents à droite et au centre. Mais là, la « baffe » est sévère pour Jean-Luc Mélenchon et ses amis qui ne s’attendaient probablement pas à cette déroute ! La « guéguerre » de ces dernières semaines entre LFI et le PS commencerait-elle à porter…ses fruits! Il va sans dire que ce résultat a redonné goût à la vie au président du groupe, Gabriel Attal, qui, très vite s’est félicité de cette…« Renaissance »: « Nos compatriotes veulent de l’action et une France en paix et le chemin des extrêmes, c’est la voix du désordre ». « Un dernier résultat de portée locale et nationale » s’est satisfait plus sobrement François Bayrou…Comme quoi pour un camp très retranché que l’on dit en sursis et pas éloigné de la fin de vie, le malade ne se porte pas si mal au niveau des urnes…

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