Quand Bruno Retailleau et Richard Ferrand s’engagent sur une route nationale et présidentielle !

C’est fait. Le chouchou des médias qui, l’après l’avoir tant moqué ces dernières années et d’une bonne partie de la droite, a franchi le premier pas…présidentiel ! Déjà celui de prendre les destinées de son parti (bien malade en terme électoral) des « Républicains ». Les militants LR ont en effet pris connaissance ce mercredi matin d’une lettre officielle de candidature de leur « champion » « Aujourd’hui, écrit-il en substance, je veux faire pour mon parti ce que je fais à la tête de mon ministère: parler vrai et agit vite ». Un beau slogan de campagne qui prolonge la déclaration d’un autre président, celui des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui, il y a quelques jours, espérait cette candidadure, « qui serait la meilleure pour la présidence du parti, tout en engageant en rien un choix pour 2027, une autre échéance que l’ancien candidat malheureux de la primaire présidentielle organisée pour 2022, envisage toujours à titre personnel. En ajoutant au passage et avec une belle perfidie que son rival tant aimé, Laurent Wauquiez, était selon lui « le candidat naturel d’Eric Ciotti » passé dans le camp mariniste.

L’ancien ministre et président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, en redevenant député, pour avoir davantage de lumière à l’Assemblée nationale, à la traîne dans tous les sondages, doit l’avoir mauvaise ! Car il lui sera très difficile, s’il est candidat, de contrer son désormais premier et principal rival pour 2027, donné déjà favori auprès des militants. Se risquera-t-il à batailler face au ministre de l’Intérieur, qui, vainqueur, pourrait voir ses ambitions grimper à la hausse pour disputer la « mère des élections » ? Nous n’en sommes pas encore là et toute popularité et effet de mode sont souvent très aléatoires. Sur la durée. En attendant la guerre des chefs va reprendre chez les gaullistes ! La course de « petits chevaux « va reprendre à droite.

Il n’empêche: cette annonce ne va pas davantage faire plaisir, un doux euphémisme, à Jordan Bardella et Marie Le Pen en vue de l’échéance principale, car il est évident qu’une candidature gagnante de l’ancien sénateur vendéen serait de nature à les gêner sérieusement à droite ! Cela va peut-être les inciter, en fonction aussi de la nature du jugement judiciaire en mars prochain à l’encontre de Marine Le Pen à appuyer sur le bouton de la censure. Histoire de se débarrasser provisoirement de ce « client » éventuel », place Beauvau, où en seulement six mois son locataire a pris une certaine dimension. Inattendue il est vrai.

Autre présidence convoitée: celle du Conseil constitutionnel pour laquelle le chef de l’Etat a proposé le nom de l’un de ses fidèles serviteurs en la personne de Richard Ferrand, qui, s’il franchit le premier obstacle, l’obtention des trois cinquièmes des députés et sénateurs des deux commissions des lois, s’installera chez les « Sages » pour y succéder à Laurent Fabius. Une nomination probable, qui là encore, a déchaîné les commentaires les plus hostiles des adversaires du président de la République. La première à dégainer a été Marine le Pen qui s’est insurgée de ce choix « cette institution ne devrait pas être une maison de retraite pour les copains du président » alors qu’au sein de la gauche socialiste , ont été mis en doute  » la compétence et l’impartialité du promu ». Dont le rôle, en cas d’une condamnation de l’accusée, pourrait être en effet déterminante sur la constutionnalité d’une éventuelle inégibilité. Et la nomination de l’ancien député socialiste et président de l’Assemblée nationale, pas vraiment un ami politique, ne lui dit rien qui vaille ! Ce qui peut se concevoir. Encore que là le bal des « faux culs » à courte mémoire n’a cessé de fonctionner depuis la création de la V e République. Est-il besoin de rappeler que du général de Gaulle à Emmanuel Macron, aucun des présidents de la V e République, lorsque la possibilité lui était offerte, n’a offert le fauteuil de la présidence à un opposant politique. Pour mémoire, rappelons quelques noms plus connus que d’autres: Roger Frey, du temps de la présidence Pompidou, Roland Dumas (contraint de démissionner) et Robert Badinter, sous l’ère Mitterrand, Yves Guéna et Jean-Louis Debré, sous Chirac, Laurent Fabius, désigné par François Hollande. Ce « copinage » existe depuis plus de soixante ans. Il n’est donc pas de la seule responsabilité (encore) de l’actuel locataire de l’Elysée…Même si on peut la regretter ! La plupart de ces protégés du pouvoir n’ont pas eu à rougir de leur mandat de neuf ans à la tête de ce Conseil constitutionnel. Je conserverai en mémoire la…tête très éclairante alors de Jean-Louis Debré remettant le collier de Grand commandeur au successeur de Jacques Chirac, son grand ami, Nicolas Sarkozy. Ca a dû être dur pour les deux intéressés. Et de la présence à ses côtés lors des séances plénières et l’entourant du couple divorcé, Giscard-Chirac…Un moment tellement délicieux !

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