C’est sur ses chères terres béarnaises, dans sa mairie de Pau, et à huit-clos, que le Premier ministre a reçu à sa propre initiative, ce samedi matin, une délégation de l’Association des victimes de l’institution religieuse de Bétharram qui, depuis peu, se trouve dans l’oeil du cyclone, l’ événement polémique de la semaine éclaboussant le chef du gouvernement. Tout est bon aussi dans « le Bayrou » pour essayer de l’atteindre. Il s’est certes mal exprimé, probablement, dans l’enceinte même de l’Assemblée nationale où mis en accusation par ses procureurs si vertueux de la France insoumise, il a peut-être mal plaidé sa défense et sa bonne foi en niant avoir été informé à l’époque, il y a plus de trente ans, sur les agissements coupables de plusieurs des protagonistes de cette sale affaire de violences physiques et sexuelles sur des jeunes garçons, qui remonterait tout de même au début des années cinquante ! Ce n’est que depuis seulement janvier 2024, que les plaintes d’une centaine de plaintes des malheureuses victimes se sont multipliées.
Après un si long silence comme dans la plupart de ces affaires sordides que l’on découvre après tant d’années de silence. Une détestable omerta à grande échelle, qui, comme par hasard, est venue en pleine lumière ô combien blafarde et a été rompue suite à une enquête à charge bien sûr du média d’investigations Médiapart. Qui entend bien feuilletonner, sa grand spécialité, souvent d’une redoutable efficacité, pour se payer le scalp du chef du gouvernement. Avec la complicité très active des députés de la France insoumise au top de leur forme et surgissant en meute pour évoquer une « affaire d’Etat » et appeler au départ de l’affreux menteur. Si mensonges ou omissions il y a. Ce qui n’est en rien pour le moment prouvé. Reste que le coup est dur pour le Béarnais, déjà confronté à une démission forcée deux mois seulement après son arrivée en 2017 dans les fonctions de garde des Sceaux. Pour l’affaire de « corne-cul » des emplois fictifs des députés européens du MoDEM. Il lui avait fallu ramer et surtout être blanchi par la…Justice, après six longues années pour retrouver son honneur.
L’histoire même si elle est totalement différente, se répète. A peine deux mois seulement après son installation à Matignon ! Les chiens sont lâchés. L’instrumentalisation politique, pour le moins très rance, ne fait en l’espèce aucun doute. François Bayrou a tout intérêt néanmoins de s’être montré convaincant afin de couper court à ce début de scandale éventuel. Susceptible d’emporter un « baron » de la politique française d’autant plus meurtri que ces accusations touchent un homme profondément chrétien, père de plusieurs enfants ayant fréquenté cet établissement où son épouse a aussi donné des cours de catéchisme, jadis renommé de toute une région paloise et même bien au-delà, sous le choc de découvrir de telles dérives sur une aussi longue période. Et comme d’habitude hélas, on n’entend que les mots « tout le monde savait, mais personne ne pouvait croire ce qui n’était encore que des rumeurs, ne cesse-t-on pas d’entendre depuis le début de l’orage et ce « procès politique » pour reprendre l’expression de Gérald Darmanin interrogé ce matin lors d’un déplacement ministériel. « C’était important qu’il y aille » a encore signifié le nouveau garde des Sceaux…Ce déplacement effectué non loin des célèbres grottes de ce village et de Lourdes se trouvera-t-il suffisant ? En aurait-on autant parlé si cette cette dramatique affaire n’éclaboussait pas à tort ou à raison le Premier ministre de la France ? Dans le pire des cas…pour lui, « Lou Bayrou » aurait-il été le seul pendant cette éternité à avoir été informé sur la durée de la maltraitante des pensionnaires livrés aux religieux et autres personnels au comportement inqualifiable ?