C’était évident que le feuilleton Bétharram se pousuivrait cette semaine. Avec en point d’orgue hier un rebondissement lié à des courriers reçus à trois reprises par la ministre de la Justice, socialiste, de Lionel Jospin, pendant la cohabitation; l’invitant de très près à s’intéresser au dossier de violences perpetuées depuis déjà des décennies, au sein de l’établissement catholique situé entre Lourdes et Pau. Une institution, à tous points de vue, où des premiers signaux forts de maltraitances et pire des violences à caractère sexuel commençaient à sortir dans les médias régionaux. Mais sans pour autant vraiment intéresser plus que ça, au delà du Béarn et sans dépasser un certain stade de « connaissances » régionales. Comme celle réfutée par le « baron » régional, François Bayrou, ministre de l’Education nationale, qui hier, a révélé qu’il n’avait pas été seul à avoir pris connaissance au moins d’un fait de violence physique sur l’un des élèves, resté handicapé au niveau de l’ouie et surtout ce qui allait plus tard devenir une possible affaire de grande ampleur nationale. Il est loin d’être sûr au passage que ce scandale criminel et pédophile serait néanmoins sorti avec le même « éclat » s’il n’avait pas éclaboussé le chef du gouvernement !
Plusieurs médias papiers et télés se sont engouffrés dans la brèche en sortant mardi les trois courriers adressés successivement en 1998 par le procureur de Pau à la Chancellerie, dirigée alors par Elisabeth Guigou, Garde des Sceaux. L’intéressée a réagi promptement en évoquant une « misérable polémique politicienne » . « Mon administration judiciaire a fait son travail en toute indépendance » a-t-elle encore ajouté, sommairement, sans en dire davantage…La ministre de Lionel Jospin, épinglée à son tour, devra s’en expliquer et se montrer toute aussi convaincante pour sa défense. Même si la retraitée de la politique ne représente plus une cible de premier choix contrairement au maire de Pau ! Ce qui change tout…
Une autre « affaire » de nomination, cette fois-ci, touche un proche du chef de l’Etat. En l’occurrence Richard Ferrand, ancien député et président de l’Assemblée nationale qui proposé par « Manu II » pour présider le Conseil constitutionnel, voit son installation chez les Sages être récusée par le « camarade » Wauquiez, qui ne veut absolument pas de lui rue de Montpensier. Quel bel exemple d’hypocrisie que celle de se targuer de refuser sa candidature sous pretexte qu’il serait trop proche du président de la République. Est-il besoin de rappeler la longue liste des présidents issus du mouvement gaulliste depuis plus de cinquante ans ! Reste que le poids des LR avec seulement six membres de la commission des Lois, ne pèse pas grand chose par rapport aux 18 de leurs compagnons au Sénat. Qui à ce jour réservent leur réponse logiquement dans l’attente de l’auditionner ce matin à leur tour. L’ancien député breton et titulaire du « Perchoir » devra lui aussi se montrer convaincant lors de son oral décisif. L’issue du match reste indécis même si l’annonce de l’abstention du RN l’avantage. Que feront les parlementaires de la gauche socialiste même si elle s’est déclarée hostile qui numériquement, avec les LR et LFI peuvent le faire échouer dans la mesure où Richard Ferrand ne doit pas rassembler contre lui plus de trois cinquièmes des suffrages ! Un échec en cas d’hosilité aussi marquée avec les sénateurs de la Haute-Assemblée, ne manquerait pas de fragiliser encore davantage la coalition entre le bloc central et les Républicains…par la faute de « Lolo ». Ce qui fait dire à l’un des « électeurs » issus de la même famille politique. « Qu’il s’occupe de ses amis à l’Assemblée mais pas de la position que prendront ses collègues parlementaires du Sénat ». L’ancien président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, a refusé de prendre position en raison de la séparation des pouvoirs et s’est refusé d’influencer de quelque nature que ce soit ses 18 anciens sénateurs. Une influence encore très grande au sein de l’hémicycle de la Haute-Assemblée ! Surtout qu’il ne verrait pas d’un mauvais oeil que son opposant pour la présidence des LR, « Lolo du Puy » se ramasse dans son opposition à Richard Ferrand ! Et une nouvelle crise gouvernementale ne ferait pas ses « affaires » alors qu’il capitalise beaucoup depuis son entrée au gouvernement et place Beauvau…
Dernière heure: Richard Ferrand a bien passé son oral de contrôle avec succès. De justesse semble-t-il. J’y reviendrai demain…