Un magnifique festival de « pudeurs de gazelles !

« Y a qu’un ch’veu sur la tête à Mathieu » chantait Michel Polnareff reprenant une comptine enfantine. Dans le cas présent, on pourrait remplacer le prénom de Mathieu par celui de Richard. Ferrand de son nom, sauvé d’un poil de cheveu pour l’obtention de son beau « fromage » de président du Conseil constitutionnel d’une seule petite voix. Le couperet n’est pas passé loin. « Maître corbeau » sur son arbre perché a frôlé la correctionnelle. Encore ne s’est-il sorti de ce très mauvais pas qu’en bénéficiant de la neutralité bienveillante du Rassemblement national, qui avant le vote, en dépit de son hostilité bien affirmée à l’égard du premier choix du chef de l’Etat, avait signifié qu’il s’abstiendrait. Ce qu’il a fait. Contrairement à la totalité des députés LR et d’une forte majorité des sénateurs, trois fois plus puissants en nombre d’électeurs de la commission des lois à la Haute-Assemblée. La position annoncée des RN a permis aux sénateurs républicains de se lâcher plus aisément et sans le moindre risque. Celui d’empêcher l’installation à la table des Sages de Richard Ferrand, le protégé d’Emmanuel Macron, considérée avant le vote comme un véritable scandale. Et encore plus après, si c’était possible, comme en ont témoigné les premières déclarations « vengeresses » des parlementaires LR, qui, à l’invitation de Laurent Wauquiez avaient fait front à la nomination d’une personnalité attaquée sur des « problèmes d’éthique, d’impartialité et sans expertise juridique ». Quel exceptionnel « festival de pudeurs de gazelles ». Et toute aussi remarquable l’absence de mémoire de ce même camp politique qui, bien souvent au pouvoir sous la V e République, a complètement occulté le fait que chaque président gaulliste, si il en a eu l’opportunité en fonction de sa longévité à l’Elysée, a désigné un ami de leur famille à la tête du Conseil constitutionnel. La liste est longue de « copains »…qui le moment venu de la récompense après une belle carrière politique, sont venus rejoindre la plus haute institution de la République pour y couler des jours heureux et lucratifs, rue de Montpensier. A droite comme à gauche. Les exemples ne manquent pas. Mais ce qui était acceptable et souvent non condamnable sous Pompidou, Chirac, Sarko, Mitterrand et Hollande, pour ne citer que quelques uns de nos anciens présidents, devient la pire des horreurs sous Macron !

Même si il n’y pas lieu en effet d’applaudir à l’arrivée de l’ancien président de l’Assemblée nationale, marcheur et macroniste de la première heure et considéré pas spécialement comme le meilleur choix pour occuper un tel fauteuil pour plusieurs raisons objectives, le « sélectionné » méritait-il pour autant cette levée de boucliers venant tout particulièrement d’une famille politique alliée gouvernant tout de même avec le bloc central. Bonjour l’ambiance ! Et son élection sur le fil va selon toute probabilité le fragiliser dans sa nouvelle promotion.

« République bananière, magouille intolérable », la gauche a forcément tapé le plus fort sur « l’inacceptable connivence du pouvoir macroniste avec le Rassemblement national ayant permis cette élection ». Quel est le deal qu’on passé Richard Ferrand et Marine le Pen à quelques semaines seulement du jugement de cette dernière, se sont interrogés les plus suspicieux dans leurs réactions. Les élus du Rassemblement national sont tout justes bons et encore, en revanche…lorsqu’ils permettent de faire sauter un gouvernement comme ça été le cas pour Michel Barnier…Et là ça ne gêne personne ! Surtout pas la France insoumise.

PS: C’était décidément une journée placée sous le signe de l’abstention, hier mercredi pour le Rassemblement national, qui, si j’ose dire, a aggravé son cas désespéré, en choisissant la voie de l’abstention lors du vote de la sixième motion de censure déposée cette fois-ci par le Parti socialiste contre le Premier ministre pour son propos sur le « sentiment de submersion migratoire ». Qui elle aussi n’avait aucune chance d’aboutir et ce d’autant plus qu’en cas de sucçès improbable, le PS l’aurait aussitôt retirée. « Une balle à blanc en quelque sorte pour faire semblant », à jugé lors d’une charge inhabituelle, le chef du gouvernement, François Bayrou, dans l’hémicycle contre les dirigeants du PS. Ce qui entraîna leur colère suivi d’un départ. « C’est bien la première fois que je vois partir un parti ayant déposé une motion de censure. « Mais bon, s’est-il encore amusé à ajouter: l’innovation est la marque des peuples vivants ».

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