Et dire que j’en suis presque arrivé à défendre l’une des chaînes Bolloré, en l’occurrence C8 qui, à la fin de mois de février, fermera de façon définitive ses portes. Comme NRJ 12, elle aussi condamnée. Mais pour d’autres raisons qui ne sont en rien elles politiques. Le miracle souhaité par beaucoup n’a pas eu lieu. Avec la décision mercredi du Conseil d’Etat, la plus haute administration française française, de valider l’avis de condamnation à mort pris en décembre dernier par le régulateur de l’audiovisuel, l’ARCOM, une « agence administrative » successeur du CSA, dont l’utilité ne semble pas évidente pour tout le monde. Encore un « machin » qui coûte cher aux contribuables.
Même si je n’éprouve aucune mansuétude à l’égard de son animateur vedette, Cyril Hanouna, dont je ne se suivais absolument pas les émissions phares, sanctionnées par des lourdes amendes à une vingtaine de reprises pour ses multiples débordements à l’antenne, comment peut-on néanmoins tolérer la disparition d’une telle chaîne populaire suivie chaque jour par des millions de téléspectateurs désormais horphelins de leurs idoles, si déplaisantes qu’elles puissent être, dont deux millions déjà pour la seule émission quotidienne du soir « TPMP », présentée par l’une de stars du groupe Canal. Je ne me fais aucun souci: Cyil Hanouna n’est pas prêt de se retrouver sur le sable, il est déjà sur la radio Europe 1, la soeur jumelle de C.News, dont les journalistes y tiennent aussi le micro.
La star de la vulgarité ne va pas manquer de propositions sonnantes et trébuchantes dont celles du groupe M6 qui lui fait les yeux doux. Sans parler de son actuel employeur qui ne manque pas de fréquences sur le PAF ! Son avenir à lui est loin d’être menacé. Ce qui ne sera pas le cas en revanche pour une forte majorité des quatre cents collaborateurs qui travaillaient depuis vingt ans, pour les plus anciens, dans ce média télé sur la TNT dont elle occupait le leader-ship en terme d’audience et existant depuis vingt ans !
La gauche, évidemment se réjouit et tout particulièrement la France insoumise et une grande partie de la droite grogne et tempête comme ses principaux leaders. Marine Le Pen, Eric Ciotti et Laurent Wauquiez, pour n’en citer que quelques auns ont pleuré avec plus ou moins de sincérité sur la mort de C 8. Qui certes n’avait pas un comportement toujours exemplaire mais avait trouvé son public. Ce qui n’est pas rien. Un public respectable, lui. C’est aussi la première fois qu’un tel couperet tombe sur une chaîne du PAF. Et ce quelles que soient les raisons, bonnes ou mauvaises, ce n’est pas acceptable. La liberté d’expression s’en trouve sincèrement contrariée. Et l’ancien journaliste que je suis l’a mauvaise, même si je n’éprouvais pas le moindre sentiment d’empathie, je le répète, à l’égard de leur patron d’un empire médiatique qui fait aussi très peur par ses outrances. Mais quel grain à moudre pour les frères et soeurs de la maison d’à côté, C.News, qui, depuis trois jours s’en donnent à coeur joie, pour crier à la dictature du pouvoir actuel, sur lequel ils versent des tombereaux de boue haineuse et de critiques au quotidien sur la tête. Une question d’habitude pour Pascal Praud et ses jeunes confrères au talent certes pourtant indéniable…
C’est seulement triste que pas grand monde du côté de l’exécutif et du bloc central ne se soit manifesté pour défendre la liberté d’expression. Une seule exception à ce jour, le courage de l’ancienne porte-parole du gouvernement Barnier, et actuelle députée « Ensemble pour la République, Maud Brégeon, qui, elle a manifesté son hostilité à une telle décision qui n’honore pas les « petits hommes très gris » du Conseil d’Etat et de l’ARCOM…