Du bonheur à l’horreur absolue !

Il ne s’est passé guère plus d’une heure entre un événement heureux et l’horreur d’un nouvel attentat meurtrier perpétré par un « fou de Dieu » islamiste (le premier depuis 2023) sur notre sol. Une brièveté mise KOii en avant hier tard dans la soirée par le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, en déplacement forcé à Mulhouse, cadre d’un attentat en Alsace, survenu quelques heures plus tôt. L’après-midi s’était pourtant si bien passé, entre la longue déambulation tranquille du chef de l’Etat, Emmanuel Macron, au Salon international de l’Agriculture, porte de Versailles, depuis le début de la matinée et l’annonce venue de Bucarest, capitale de la Roumanie, pour la fin d’une cavale hors norme, celle du narcotrafiquant, Mohamed Amra, « l’ennemi public numéro un français » dont l’évasion tragique avait coûté la vie à deux agents de la pénitentiaire au péage d’Incarville, près de Louviers, dans l’Eure, au mois de mai dernier. Abattus comme des chiens par l’un des complices du détenu de la maison d’arrêt d’Evreux. Neuf mois de longues et minitieuses recherches effectuées par nos enquêteurs alertés par leurs collègues roumains « mis au parfum » d’une possible présence de « La Mouche » le surnom du « cavaleur » dans la capitale roumaine. Qui « logé » a été arrêté sans effusion de sang en pleine rue. « A la fin, la police et la justice gagnent toujours » s’est réjoui le Garde des Sceaux, Gérald Darmanin, qui partageait momentanément ce bref moment de bonheur avec son prédécesseur de la place Beauvau. On appenait aussi ce matin qu’une dizaine de personnes proches dont peut-être le meurtrier des deux fonctionnaires eurois de la pénitentiaire avaient été interpellés lors d’un coup de filet , notamment en Espagne.

Et puis patatras, l’information venant du chef-lieu du Haut-Rhin, Mulhouse, à proximité d’un des marchés couverts de la ville, meurtri à ses portes par le geste fou d’un ressortissant algérien sur notre territoire national depuis onze ans. En toute illégalité, condamné à une peine de prison de six mois pour apologie de l’attentat du Hamas perpétré en octobre 2023, en Israël, placé ensuite sous résidence surveillée et…OQTF. Un de plus dans la si longue liste. Du nouveau grain à moudre et un bon sujet hélas de récupération pour la droite extrême remettant en lumière blafarde la responsabilité de l’Etat algérien qui, par dix fois, a refusé de récupérer son ressortissant. Qui, avec une arme blanche a porté un coup fatal à une victime de 69 ans, d’origine portugaise et blessé cinq policiers municipaux, les cibles de l’auteur de cette attaque tragique, dont deux très grièvement, et trois autres personnes possiblement impliquées, dont son logeur, ont été interpellées puis placées en garde à vue.

Cette sourde oreille d’un état dictatorial ne peut plus durer. Comme s’est exprimé le premier des flics de France, mettant encore une fois, et non sans raison, l’attitude à sens unique d’Alger. N’en déplaise à une avocate, une parmi d’autres, sans parler des politiques défenseurs d’ordinaire de tous ces indéfendables souffrant pour beaucoup d’entre eux de troubles psychiatriques, qui, interrogée hier soir, sur un plateau de télévision, n’avait qu’une priorité: celle de comdamner avec une grande véhémence la fermeté affichée et n’y voir qu’un seul scandale: celui offert par les mots du représentant du gouvernement.

« Il va falloir établir un nouveau rapport de force entre nos deux pays » a plaidé le ministre dans un langage qui avait le mérite de ne pas être diplomatique en invitant Paris à adopter une plus grande fermeté. Il visait alors la possible révision des accords franco-algériens datant de 1968 et du nombre de visas accordés aux ressortissants de ce pays du Maghreb, plus de 250.000 par an ! Oeil pour oeil, dent pour dent ? C’est ce que réclament certainement une bonne partie de nos compatriotes qui, de guerre lasse, assistent impuissants depuis des années, à ce climat de tension exacerbé de plus par quelques événements récents, l’arrestation puis l’embastillage par les aurorités d’Alger de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal en novembre dernier et le triste imbroglio judiciaire concernant l’expulsion de l’influenceur Doualemn il y a quelques semaines. Elle aussi ratée dans les grandes largeurs. Trop, c’est trop…La balle est dans le camp du président de la République ! Lui seul peut mettre un frein à une inacceptable et trop durable situation, même si celle-ci, bien sûr, ne pourrait pas être sans conséquence sur les relations déjà assez conflictuelles et pourries entre les deux pays. Reste que l’Algérie a plus à perdre très probablement !

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