Il est encore trop tôt pour être assuré que le déplacement du président de la République, à Washington aura été couronné de succès. Mais force est de reconnaître qu’il a été utile pour faire avancer un prochain et espéré cessez-le-feu entre l’agresseur, la Russie et l’agressé, l’Ukraine. Ce qui semblait impossible il y a encore quelques jours après les déclarations irresponsables du président américain mettant de côté toutes négociations ouvertes aux Européens et traitant Zelenski de « dictateur non élu ». Ce que réclamaient tout particulièment les dirigeants du vieux continent et surtout son leader, Emmanuel Macron. Qui sort indéniablement renforcé de ses entretiens avec Donald Trump. Et pourtant la poignée de main échangée avec le maître de la Maison blanche à son arrivée dans le bureau ovale n’augurait pas le meilleur ! Un rapport un peu glacial mais très vite remplacé par une chaleur retrouvée entre les deux hommes redevenus très tactiles au fil des échanges. C’est peut-être en grande partie de la com, mais c’est toujours bon à prendre. Des retrouvailles officielles où rivalité et camaraderie se sont succédées à mi-chemin entre complicité et réelles divergences. En attendant mieux. C’est de façon incontestable un tournant dans cette guerre. Mais pour autant mieux vaut garder raison car tout est possible avec cet « empereur romain » qui le lundi peut sembler sensible aux arguments de ses hôtes mais qui dès le lendemain mardi, peut changer totalement d’avis. Et avec Donald Trump, tout est possible. Même le meilleur ou prétendu tel.
C’est clair que le président américain veut arracher au plus vite ce cessez-le-feu puis une paix durable qui lui donnerait un brevet de meilleure respectabilité auprès des européens qui n’entendaient pas être sacrifiés sur l’autel d’un réchauffement entre les deux puissances russe et américaine. Il veut surtout et avant tout faire des deals commerciaux. Comme son homologue du Kremlin. Il a été en effet souvent-trop ?-question de gros sous et de cette monnaie d’échange que constitue l’espoir pour les « Ricains » de faire main basse sur les minerais et les terres rares, un filon dont on ignorait tout, il y a encore quelques mois. Au centre du nouveau jeu. Un possible eldorado ou une nouvelle conquête de l’ouest pour « l’acteur » Donald Trump ! Qui, c’est le plus important, a donné son accord à la présence, comme semble-t-il Poutine, de troupes européennes pour surveiller sur le territoire ukrainien l’avancée de cet éventuel traité de paix. Qui, selon Emmanuel Macron doit être durable et surtout pas être synonyme de « capitulation » du pays violenté. Pas une paix à n’importe quel prix. En quelque sorte une volonté clairement affichée de « donnant-donnant ». Avec aussi ce qui manque encore à ce stade des négociations des certitudes pour le président Zelenski, invité à son tour à Washington dans les prochains jours, d’espérer revoir les enfants déportés en Russie et le retour des soldats de son armée retenus prisonniers, sur le sol russe…On pourra alors parler d’une « journée historique « que celle qui vient de s’achever. Celle mêlant à la fois « confiance et prudence » selon les mots du chef de l’état français. Mais avec Poutine la prudence s’impose en priorité avec sa prédilection pour les montagnes russes…Pour le moins inquiétantes !