Costume-complet noir. Comme l’air du temps. Sinistre et pesant à l’image de cette nouvelle ère. Comme s’il portait le deuil du monde d’avant. C’est droit dans les yeux que le chef de l’Etat a fait part hier soir, lors d’une allocution solennelle, des lourdes menaces pesant sur la sécurité de notre pays, venant principalement de la Russie. Une crainte largement partagée il est vrai par une forte majorité de nos compatriotes. Quatorze minutes top chrono surtout pour sonner le tocsin devant les événements en cours bouleversant l’ordre mondial. Complétement chamboulé. « Qui peut croire que la Russie s’arrêtera à l’Ukraine. Elle est devenue une menace pour la France et l’Europe. Face à ce monde de dangers, s’est-il encore exprimé, rester spectateur serait une folie ». Le Président a annoncé que cet effort de défense important s’accompagnerait d’une condition: pas d’augmentation d’impôts. Sa volonté étant en effet de demander au Premier ministre, au gouvernement et à toutes les forces politiques, économiques et syndicales de faire des propositions pour permettre à la nation de passer ce cap décisif, cultivant l’idée, comme au temps du Covid, que « le pays est entré en guerre » d’où son « appel à la patrie qui a besoin de son engagement ». Et de ses sous au final. Il faudra naturellement faire des choix. Un ton volontairement inquiétant, voire anxiogène qui ne plait pas à tout le monde, même si dans leur ensemble ou presque, les médias nationaux l’ont salué plutôt favorablement.
Il s’était exprimé la veille sur une chaîne concurrente pour manifester déjà son profond désaccord. « Non les troupes de Poutine ne sont pas prêtes à envahir la France…Elles n’ont déjà pas été capables de faire tomber l’armée ukrainienne » s’est un peu moqué le « duc de Normandie » Hervé Morin. « Il ne faut pas exagérer l’importance du péril russe » . C’est sur une autre chaîne habituée à taper tous les jours sur la personne du chef de l’Etat, C.News, très heureuse de pouvoir avoir un « client » sur la même longueur d’onde, que le président de la Région Normandie et ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, s’est montré à nouveau très critique ce matin, sur le côté « matamor » d’Emmanuel Macron aux « propos éxagérement inquiétants ». La vérité est probablement au milieu. Un peu à l’image toujours très belle d’un des sites préférés de nos compatriotes et des étrangers en visite entre Normandie et…Bretagne, le Mont-Saint-Michel, où il se trouvait d’ailleurs, lorsqu’il été interrogé ce matin. Pour un direct très bien appuyé à la face du locataire de l’Elysée, dont il est loin d’être un proche, mais bien un adversaire politique depuis des années. A quelques encablures de la rivière du Couénon séparant les deux régions!
Pourvu que l’archange Michel veille encore un bon moment sur ses sujets français (et là il n’existe pas le moindre doute) et que les méchants russes ne franchissent pas déjà un autre Rubicon autrement plus dangereux que constituerait l’attaque d’un des pays baltes, de la Roumanie ou de la Moldavie, voire de la Pologne, dans la ligne de mire de l’autocrate du Kremlin, toujours bien en cour chez un ancien candidat à la présidentielle, François Fillon, qui estime autrement plus périlleux le défi du terrorisme islamiste sur notre sol et en Europe que les velléités présumées du despote moscovite. Comparaison n’est pas raison et ce d’autant plus que, à ma connaissance les « fous de Dieu » aussi dangereux qu’ils puissent être, ne disposent pas encore de l’arme atomique et d’une armée !