Couché et un peu coulé ! On ne peut pas dire que Donald Trump ait été particulièrement donné grand gagnant à l’issue de son coup de fil cousu de… fil blanc avec son homologue russe. Du fil remplacé par une bonne dose de farine de la même couleur dans laquelle le président américain a été roulé sans gloire. Deux heures d’entretien au sommet pour quoi faire ? Si ce n’est arriver à un « excellent appel » dixit le locataire de la Maison blanche, toujours content de lui et qui se rêve toujours en « faiseur de paix » et en futur prix Nobel ! Qui, en attendant ce jour de gloire, s’est couché devant Poutine, à qui il a beaucoup cédé lors de ce marchandage opéré et dans son absence dans le dos de l’Ukraine. Ce qui a fait dire au volatile du mercredi, le « Canard enchaîné » en titraille de Une : Zelensky: « Céder sur tout ? Même pas en trêve ». Et surtout pas en rêve…Poutine n’acceptant pour l’heure qu’une trêve dans les frappes sur les infrastructures énergétiques urkrainiennes toujours bombardées la nuit dernière. Que vaut la parole d’un despote beaucoup plus rusé que le fanfaron américain ! Et qui dans ce compromis tout aussi à son avantage impose un petit détail de moindre importance ! : celui de contraindre l’Ukraine à être définitivement interdite de livraisons d’armes par l’Europe ! Ce qui la condamnerait à une capitulation rapide.
Et pendant ce temps-là on assiste avec effroi (défense de rire) à un pillonnage plus ou moins justifié sur la dernière idée de génie en provenance, non pas de l’Elysée, semble-t-il, mais bien du gouvernement préparant à la réactualisation d’un pseudo guide de survie à destination de tous les français, livrable cet été. Un livret d’une vingtaine de pages pour préparer nos compatriotes à toutes les éventuelles catastrophes naturelles (il n’en manque pas) nucléaires, pandémies diverses et variées et bien sûr conflits armés. Des consignes du même type avaient déjà données en avant-première dans plusieurs pays du nord comme la Suède et la Pologne. Dans le cas présent, ce n’est plus un appel à faire des stocks de sucre et de pâte, voire de…farine, un aliment de cuisine cher au maître du Kremlin, mais d’un inventaire avec doliprane, bouteilles d’eau, lampe de proche et autres priorités. De quoi foutre la trouille a encore davantage de nos compatriotes ! Et certains médias, toujours les mêmes, se sont engouffrés avec gourmandise dans la brèche pour railler cette initiative il est vrai quelque peu anxiogène. D’autant plus ridicule qu’elle se trouvait exposée fortuitement en « même temps » que la séquence de l’appel téléphonique d’un ami au « popov » russe.
Ce rapprochement des deux anciennes puissances ennemies n’a rien au final de réjouissant. Tout comme celle de la polyphonie hélas bien éloignée de celle chantée sur l’Ile de Beauté, se transformant en cacophonie régnant au sein du gouvernement français incapable de s’entendre sur la question du port du voile en milieu sportif, consécutif à la sortie peu heureuse de la ministre des Sports, qui ne voit elle aucun entrisme, d’où le recadrage avec les intéressés, hier du Premier ministre, François Bayrou, excédé par les critiques internes entre ministres sur des dossiers « chauds ». La liberté de parole présente tout de même de justes limites…L’occasion à son tour pour le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, en harmonie parfaite avec son collègue de l’Intérieur sur la fermeté devant être exercée, en évoquant lui aussi un possible départ du gouvernement en cas de plus grande souplesse à l’égard de cette question toujours très prégnante et source de divisions. Comme si le locataire de Matignon, avait besoin de cela alors qu’il doit affronter la fronde des partenaires sociaux qui les uns après les autres ont décidé de quitter la table des négociations du « fameux conclave » sur la question des retraites qui a donné l’occasion au chef du gouvernement devant la représentation nationale, hier après-midi, de bien répéter que le retour aux 62 ans n’était pas possible…