« La Belle, la Bête et la controverse ». Et c’est reparti pour une nouvelle polémique ! Affligeante. Comme bien souvent relayée par des médias coupables d’en faire une tonne. Même si elle nous évite de façon très provisoire de sortir des événements autrement plus importants et tragiques que ceux des guerres à Gaza et russo-ukrainienne, des bisbilles et même bien au-delà, hélas, entre la France et l’Algérie, qui, hier, a requis 10 ans de prison ferme contre l’écrivain Boualem Sansal, âgé de 80 ans, lors d’un procès fantôme et inique. Sans oublier bien sûr les ratés sur le conclave autour des retraites et les claquements successifs de portes des organisations syndicales. Des consultations transformées en véritable théâtre de boulevard avec un jeu de rôles et de dupes, dont l’épilogue semblait connu d’avance !
Alors évidemment, que pèse cette nouvelle « clownerie » qui va tout de même coûter de l’argent avec la mise au pilon de 800.000 ouvrages destinés dans le cadre de l’opération « un livre pour l’été » aux écoliers entrant en sixième. C’est quand même comique, si j’ose dire, que cette décision, si justifiée qu’elle puisse être ou pas, ait été prise avec beaucoup de retard à…l’allumage. « Une censure inacceptable avec des relents xénophobes » considère l’illustrateur Jul, sélectionné pour une oeuvre « La Belle et la bête » très largement revisitée de ce célèbre conte de fées écrit au XVIII e siècle par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, repris beaucoup plus tard à l’écran dans un premier temps par un dessin animé sorti des studios Disney.
Sa relecture, dans le cas présent, peut effectivement choquer dans la mesure où la « Belle » ayant les traits caractéristiques non pas d’une princesse blonde mais davantage d’une jeune fille originaire de la Méditerranée porte en plus des baskets et des tee-shirts plus proches des tenues aujourd’hui. Ca aurait pu être pire avec un visage voilé ! « Ce grand remplacement serait-il la limite à ne pas franchir pour l’administration versaillaise de l’Education nationale », « fulmine » l’illustrateur, ancien collaborateur de « Charlie-Hebdo » devenu scénariste de la bande dessinée « Lucky Luke » célèbre cow-boy américain ! » Mon héroïne a, il est vrai plus une tête d’italienne, de grecque ou de libanaise. Elle ressemble à la France d’aujourd’hui ». Ou plutôt de musulmane estiment ses détracteurs furibards! La ministre de l’Education nationale, Elisabeth Borne, tout en rendant hommage au travail de l’artiste, estime que cette « version » n’était pas adaptée à ce très jeune public, sans le moindre accompagnement pédagogique ». Elle pourra être rééditée dans un autre cadre. Mais pas celui-ci ». « Babeth » n’avait pas dû sérieusement parcourir de très près cette oeuvre largement revue et corrigée avec aussi un père de la « Belle » sous les traits d’un homme aviné, une bouteille de vin à la main. Une image à prendre vraiment au second degré surtout pour le public, des enfants de 10-11 ans, pour lequel il était initialement destiné ! C’est d’autant plus gênant que la préface de l’ouvrage était signée d’une certaine…Elisabeth Borne. Ce n’est décidément pas sa semaine à « Babeth » qui avec plusieurs de ses collègues ministres avait été été convoquée à Matignon par le chef de gouvernement, mécontent de l’absence de solidarité flagrantes entre éminences ministérielles !