C’en est fini de la « stratégie de la cravate ». Effacée en l’espace seulement de quelques jours. Une décennie d’efforts couronnés d’un certain succès réduite quasiment à néant pour dédiaboliser l’ex-Front national de « papa » Jean-Marie. Il est probable aussi, à quelques heures de son rassemblement cet après-midi place Vauban à Paris, que Marine Le Pen, qui s’était démarquée des saillies antisémites et racistes de son père, ait dilapidé une partie de son trésor électoral, en prenant le risque de fragiliser son parti avec sa fronde anti-justice. Et tout ça pour régner également en maitresse unique de son royaume et son refus d’adouber son jeune dauphin, certes loin d’être encore blanchi sous le harnais et d’avoir les épaules pour défendre les couleurs du RN à la prochaine présidentielle. Un « jeunot de bras droit » dans tous les sens du terme, par rapport à celle qui depuis des années, n’en déplaise à beaucoup, se situe à gauche de l’échiquier politique pour tout de ce qui touche à l’économie et au sociétal. On a pu s’apercevoir après sa condamnation en dépit de la chance qui lui est accordée d’être jugée en appel « juste à temps » pour concourir à la course des « petits chevaux » de 2027, que par orgueil teinté d’aveuglement, elle ait préféré considérer Jordan comme un collaborateur plutôt que comme un successeur crédible. Et pourtant le duo, se situe toujours dans les mêmes eaux sondagières, comme en témoigne l’enquête du jour parue dans les colonnes de la « Tribune du Dimanche ». Qui les place très près l’un de l’autre et largement en tête du premier tour. L’actuel président du Rassemblement national fait pratiquement jeu égal avec sa cheftaine autour du point d’écart en fonction des autres hypothèses de candidatures. Avec quelle que soit l’identité de son principal rival, une marée haute entre 31 % et 35 %. Le numéro deux, Edouard Philippe, se situe entre 23 et 24 %. Il devance toujours l’hypothèse Gabriel Attal qui, en se gauchisant, semble amorcer une très légère remontée après un coup de froid consécutif à son départ du gouvernement. Les deux hommes et un troisième et non le moindre, le Premier ministre, François Bayrou, vont se retrouver, bras dessus, bras dessous, cet après-midi au meeting de « Renaissance » aux portes de la capitale! A Saint-Denis où plus d’un de nos anciens souverains fut sacré et enterré ! Une double candidature serait évidemment mortifère pour le centre et la droite. A gauche, point de salut à…l’horizon pour le « che » Jean-Luc Mélenchon, qui, pour autant ne « dévisse « pas trop, même si le « diésel » de la France insoumise se situe quasiment au même niveau que lors des précédents scrutins au même stade de la compétition. Reste que l’affranchi des Insoumis, le député picard François Ruffin, à l’entame de son Tour de France, se dit légitime pour représenter la gauche. Ce qui peut apparaître tout de même comme un peu présomptueux. En se rasant, il doit reprendre à tue-tête et à son compte la chanson du « taulier » Johnny Halliday « Envie d’avoir envie ». Toujours à gauche, compte tenu de certaines de ses positions, on peut avec amusement y classer le nouveau « chouchou » improbable de nos compatriotes, Dominique de Villepin, qui lui aussi verrait d’un bon oeil reprendre ce « tube » de Johnny. Alors que pour le moment, un nom un peu plus crédible est porté par un autre chouchou de la « social-démocratie », Raphaël Glucksmann, crédité d’environ 10 %, soit le double de François Hollande, alors que le toujours premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, reste scotché à 4 %. Il n’est pas toujours prêt de décoller, celui-là.
La percée de Bruno Retailleau reste mesurée, même s’il atteint la barre des 10% alors que Laurent Wauquiez, son rival pour la présidence des Républicains, reste bloqué sous le seuil des 5 % des intentions de votes. Guère plus que la dernière candidate LR, Valérie Pécresse ! Pas de quoi pavoiser. Le même constat de désamour entre l’ancien ministre et président de la Région des volcans éteints d’Auvergne et Rhône-Alpin et ses compatriotes reste très « fusionnel » dans le mauvais sens…Et sa probable défaite en finale LR l’enterrera de façon définitive pour la course de l’Elysée. Même si en politique il est toujours permis de rêver. Les nombreux exemples de ressuscités en attestent !