Deux chaises pour un enterrement et « Autant en emporte le vent « 

C’était l’image du jour, voire l’une de l’année, surtout si elle se conclut par une réussite diplomatique ! En tout cas l’espoir de paix est revenu au…Vatican, avec ce « drôle de paroissien » qui lui, certes, ne pille pas dans les troncs des églises, Donald Trump, mais bouscule avec violence ce monde déjà assez agité et tellement anxiogène. Même si l’on pouvait espérer que les deux hommes se rencontreraient à l’occasion des obsèques du pape François, on n’imaginait pas assister à pareille scène. Un face à face musclé d’homme à homme avec son homologue ukrainien (humilié fin février par son hôte de la Maison blanche) dans un cadre unique, l’une des salles de la Cité du Vatican, si près des évêques et cardinaux transformée en un petit conclave à deux très ouvert. Aucune fumée blanche n’est sortie mais quel symbole étonnant. Avant que la vraie cérémonie ne démarre…

Et dire que le président américain voulait un pape à son image. Bien éloignée de celle du défunt François. Avec son égo surdimensionné, il ne s’est évidemment pas plié au protocole prévu initialement qui devait le placer au troisième rang et ainsi se retrouver au premières loges, pour voir partir un souvenir pontife qu’il ne portait pas dans son coeur. Contrairement à plusieurs des cardinaux américains qui, d’ici à quelques jours, éliront son successeur. Plusieurs d’entre eux, d’ailleurs, ne s’étaient pas gênés pour s’exprimer publiquement contre les méthodes et la politique du locataire de la Maison blanche. Déjà lors de son premier mandat. Ce n’est donc pas un secret si le duo de la Maison blanche avec un vice-président, JD Vance, converti récemment au catholicisme de combat identitaire, voudrait bien un nouvel évêque de Rome, bien plus proche de leurs idées !

En attendant, Trump continue d’osciller entre le chaud, le tiède n’étant sa tasse de thé, et le froid. Même si celui qui est moqué, non sans raison, pour s’être transformé en véritable porte-parole pro Poutine depuis son retour dans le bureau ovale de Washington, commence peut-être à s’interroger sur les volontés de paix de son cher interlocuteur du Kremlin. Il aurait comme une impression de se « faire balader » par ce dernier, comme il l’a supposé dans son avion de retour vers la capitale fédérale américaine. Et ça, il n’aime pas celui qui se voulant dans les habits d’homme de paix, se désespère de l’attitude toujours plus guerrière de son homologue russe qui, tous les jours et de plus en plus fort, frappe des populations civiles à Kiev. L’esprit de Rome l’aurait-il transformé lui aussi ? D’où cette rencontre d’une quinzaine de minutes au Saint-Siège avec son homologue ukrainien, où dans un premier temps, trois chaises avaient été installées pour l’événement. L’une d’entre elles fut enlevée à la dernière minute, peut-être de la volonté du président américain, ce dernier préférant ce tête à tête qu’une discussion à trois avec…Emmanuel Macron qu’il avait rencontré quelques instants plus tôt. D’où cette impression de…vent en mondovision marqué par le chef de l’état français qui ne répondit pas alors à la poignée de main lancée par Donald avant que les deux hommes ne s’isolent. Un peu. C’était finalement très cinématographique toutes ces images surréalistes avec ce « mariage » et enterrement sans l’acteur anglais, Hugh Grant, et le remake d’un des films les plus célèbres de l’histoire d’Hollywood, « Autant en emporte le vent »…

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