Des soins palliatifs à l’aide active à mourir, les députés vont reprendre à partir d’aujourd’hui lundi, leur chemin de croix à l’Assemblée nationale. Victime de la dissolution décidée par le chef de l’Etat l’été dernier et du changement de Premier ministre en décembre, le texte sur le droit à mourir devrait enfin faire l’objet d’un vote ô combien solennel en date du 29 mai prochain. Il aura donc fallu trois longues années afin que les travaux de la convention citoyenne « convoquée » par le président de la République, trouvent un écho législatif. Hélas pas encore dans un climat totalement apaisé.
Force est de reconnaître, heureusement, qu’à l’instar de ce qui s’est passé pour le pacs et le mariage pour tous, la société attend beaucoup plus avec d’impatience que d’enthousiasme, certes, que la classe politique toujours très divisée sur le sujet, que cette question de fin de vie aille à son terme. Jusqu’au bout du bout. Chaque famille n’est-elle pas confrontée au départ d’un proche, parfois dans de douloureuses circonstances ! Et ça change tout. Face à la mort, les certitudes d’avant parfois vacillent. A juste raison. Elles ne concernent pas seulement Monsieur ou Madame tout le monde confrontés à la mort, même lorsque ces derniers ont une foi religieuse profonde. Ce que l’on peut comprendre et respecter.
Une épreuve qui n’a pas échappé à diverses personnalités politiques dont l’une des plus emblématiques reste un ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Alain Juppé « le meilleur d’entre nous » selon son mentor chiraquien. Une famille politique beaucoup moins divisée aujourd’hui qu’hier, semble-t-il, même si le son de cloche n’est pas le même chez l’homme de l’Intérieur, Bruno Retailleau, que certains de ses collègues LR, beaucoup plus progressistes en la matière ! Après avoir subi cette lourde épreuve, l’ancien maire de Bordeaux et tant d’autres, ont avoué avoir changé d’avis sur le sujet. Je confesse être sans la moindre hésitation de leur côté. Ne faut-il pas vivre, voire mourir, si j’ose dire, avec son temps, quelle que soit la souffrance ultime d’une telle décision ?
Les députés réunis en commission des affaires sociales en avril ont préparé des débats qui risquent forcément d’être « chauds » et défini de façon stricte le champ des patients pouvant avoir recours à l’aide à mourir. Il n’est pas interdit de penser qu’au fil de l’examen, le sujet explosif du discernement viendra sur le tapis. Qui n’est pas celui d’un jeu…Et que certains députés déposeront des amendements exigeant la présence d’un juge dans les derniers instants de vie de façon à ce que le patient concerné ne subisse pas la moindre pression de son entourage. Nos compatriotes n’attendent-ils pas qu’enfin ceux qui sont favorables à ce choix très difficile soient entendus et qu’en même temps, ceux qui le craignent et redoutent, soient aussi écoutés. Un exercice de toute évidence délicat mais cette attente n’a que trop duré…