Un grand oral chasse l’autre: avantage Bayrou ! Et la ville du Havre en deuil de son chef étoilé…

A chacun son grand oral au sein de l’exécutif. L’un après l’autre, trois heures de télé plutôt ratées dans l’ensemble du chef de l’Etat, la veille et hier, et plus de cinq heures de véritable tribunal, salle Lamartine où la poésie et le romantisme ne se trouvaient pas vraiment invités, à l’Assemblée nationale pour le Premier ministre, François Bayrou. Plutôt réussie elle et pourtant sa mission apparaissait comme impossible. Pas comme celle de Tom Cruise, invité ce même jour pour présenter au Festival de Cannes, son huitième opus de « Mission : impossible ».

Sur le reculoir comme on dit en jargon rugby, cher au locataire de Matignon et à l’homme du sud-ouest qu’il est, François Bayrou est parvenu, somme toute, à se sortir « pas si mal que ça » de son audition devant la commission d’enquête parlementaire sur les violences en milieu scolaire. Enfin en apparence, car il s’est agi surtout du procès Bayrou et à une partie de bras de fer entre l’accusé et son accusateur public, transformé en Fouquier-Tinville, de la pire époque révolutionnaire, la Terreur, le député LFI, Paul Vannier, corapporteur de ladite commission. Un petit roquet installé dans ses certitudes que « l’animal blessé » qu’il a devant lui a bien menti, (ce qu’il a confirmé ce matin lors d’une conférence de presse où sa collègue lilloise est apparue plus mesurée que la veille au soir !) bien assisté pour la circonstance à d’une présidente de commission socialiste pas vraiment neutre, tout comme d’ailleurs donc la seconde « meneuse » de ce curieux face à face musclé, la députée du nord, Violette Spillebout, candidate déclarée à la succession de Martine Aubry (dont elle fut une proche collaboratrice) et donnée comme future ministre de l’Education nationale de….François Bayrou jusque dans les dernières heures dans le nouveau gouvernement! Une parlementaire passée depuis 2022, dans le camp macroniste, se rendant complice d’un « procès de Moscou, digne de ceux d’une autre époque plus contemporaine, ceux datant de l’empire soviétique. Qui plus est mené à charge par un député ayant eu, si j’ose dire, les honneurs d’un livre consacré à Jean-Luc Mélenchon « La meute » (que le maire de Pau n’avait pas négligé de poser à côté de lui lors de son audition) où il est fait allusion à la purge des hommes de Mélenchon à laquelle échappa de peu le « procureur » Vannier. N’est-il pas redevable, ce triste personnage peu ménagé par sa proie se défendant « bec et ongles ». Une proie facile qui, après des premiers jours de confusion et pertes de mémoire depuis le lancement de ce lynchage en février, a retrouvé un certain « peps » depuis. Il n’était pas venu les mains vides. Mais droit dans les yeux « Celui qui ment aujourd’hui ce n’est pas moi, mais bien vous, Monsieur Vannier. Il s’agissait pour vous de me coincer pour m’obliger à démissionner« . « Dans ma vie, martèle-t-il encore, on m’a reproché beaucoup de choses, mais jamais de faits ignominieux aussi graves que la défense de pédocriminels. C’est indigne ». Le ton monte entre les deux « adversaires ». L’accusation ne semble pas convaincue et le rappelle souvent à l’ordre. Le palois très pugnace, ne peut dissimuler son agacement. Il parle souvent à l’oreille de son conseiller. Il a bien préparé, « preuves à l’appui » sa défense. Même si ce n’est pas un tribun oratoire, ça se saurait, et passées ses pertes de mémoire explicables du début de l’affaire, puisque les faits remontent à plus de quarante ans, « Lou Bayrou » semble sincère dans sa défense. Il est bien aidé en cela par le parti-pris de ses « procureurs ». Dont l’attitude ne fait vraiment pas honneur à une « certaine » classe politique. Qui à la vue du sang chasse à courre ! Qui pourtant ne doit pas être le sport ou le loisir préféré du grand inquisiteur Vannier…« Les ratés ne vous rateront pas » écrivait naguère un autre homme de lettres, Georges Bernanos…Une citation pleine de réalisme, non ?

Dernière heure: on a appris en cette fin de matinée la mort à l’âge de 59 ans, survenue la veille au soir, de Jean-Luc Tartarin. Un chef installé dans la cité maritime en 2008. L’année suivante il décrochait sa première étoile au guide Michelin avant en 2012 d’obtenir une seconde. Une haute distinction qui lui fut retirée en 2023. Il restait un étoilé reconnu tant par les gastronomes que ses pairs notamment normands qui aujourd’hui pleurent leur collègue et ami, ambassadeur de la « haute couture » culinaire. On ignore encore les circonstances de cette disparition brutale qui endeuille non seulement la famille des grands chefs et cuisiniers, mais aussi toute une ville fière de l’établissement dirigé par Jean-Luc et Annabelle Tartarin à proximité de l’hôtel de ville.

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