Il faut lui souhaiter une plus belle issue que celle à l’époque de la primaire des LR à la présidentielle où Bruno le Maire, s’était choisi pour slogan de campagne « le renouveau c’est Bruno ». Avec le succès où plutôt l’insuccès que l’on connaît !
En attendant, un autre Bruno, « l’homme de l’Intérieur » a remporté haut la main hier dimanche un autre match, celui du Puy-du-Fou contre le Puy-en-Velay. Même s’il était favori, le vendéen et ancien numéro deux de Philippe de Villiers, avant une longue et lourde fâcherie, puis de François Fillon, à la présidentielle de 2017, en version Trocadéro, de triste mémoire, n’a fait qu’une bouchée de son adversaire pour une autre présidence beaucoup plus accessible, celle des Républicains remportée sur le score sans appel de 75 à 25 % face à Laurent Wauquiez. Qui a pris une belle tisane ! Chère à sa terre d’élection reconnue aussi pour sa dentelle. Les encartés LR, peu friands de wokisme, n’ont pas été tentés de céder davantage au wauquisme ! Et son adversaire qui n’est plus un éternel second, n’a pas fait justement dans la dentelle pour de débarrasser de « Lolo ».
Au soir de cette victoire nette et sans bavure, le ministre de l’Intérieur savourait avec ses amis un succès que même dans ses plus beaux rêves il n’escomptait pas, au moins, par son ampleur. De quoi enterrer de façon définitive une possible guerre des chefs en vue de la présidentielle 2027 ? Enfin dans son propre camp, même si l’homme fort du gouvernement sort très largement renforcé de ce scrutin interne. Mais seulement « intramuros » avec une participation certes très forte de l’ordre de 80 %. Ca aurait été étonnant qu’il n’en soit pas ainsi dans la mesure où de très nombreux anciens de LR ont repris leur carte pour justement voter pour le vendéen qui incarnait un certain renouveau. Qui rime avec Retailleau. Qui, il faut bien le reconnaître, était encore inconnu du grand public au niveau national avant son installation il y a six mois au ministère de l’Intérieur. Son image très droitière ou considérée comme telle ne plaidait pas pour lui. La suite on la connait, il est devenu l’étendard habile de la droite, où il est devenu le plus populaire et efficace. Et malin car lui contrairement à son rival de la Loire, il est entré au gouvernement. Dont il est devenu l’un des poids lourds pour peser déjà dans son ministère. Sa présence lui a donné une exposition médiatique très forte. C’était déjà ça de pris. Pour combien de temps ? Tout dépendra bien sûr du temps qu’il se donne pour rester place Beauvau. Jusqu’au jour où il prendra définitivement ses distances avec le pouvoir macroniste. Pour se lancer éventuellement dans l’aventure présidentielle. La mère des élections. Qui apparaît déjà définitivement lointaine pour son rival, éparpillé façon puzzle. Est-ce bien une surprise ? Evidemment non. Il s’est trop planqué depuis des années et son impression d’insincérité et ses choix tactiques manqués ont fait le reste. De façon impitoyable. Il paie aussi au prix cher ses rapports humains jugés et dépeints à tort ou à raison comme souvent brutaux. Mais pour autant les Républicains n’ont remporté qu’une petite et première bataille et il est bien trop tôt pour eux de pavoiser. Ce serait une lourde erreur. Ce n’est qu’une première marche pour revenir au premier plan même s’il revendique être redevenu le premier parti de France au nombre d’encartés (une position très transitoire) et l’ascension pour atteindre le sommet du phare s’annonce des plus périlleuses et incertaines. Déjà que la droite et le centre ne peuvent absolument pas s’abandonner à l’idée de se diviser entre les prétendants fort nombreux déjà annoncés. Ce serait la déroute assurée et l’assurance quasi certaine d’un échec. Et l’hypothèse hélas réelle et mortifère d’une finale entre le ou la représentante du Rassemblement national pourrait affronter en finale Jean-Luc Mélenchon. Un véritable cauchemar pour les démocrates. Et il ne manquerait plus qu’un Dominique de Villepin, ni à gauche ni à droite, ou un autre, viennent aussi troubler le jeu ! Les sondages devront sans nul doute bien avant départager l’homme le plus apte à droite et au centre de s’aligner avec les plus grandes chances de victoire face au RN. Pour le moment, n’en déplaise à LR (qui certes peut sortir renforcé des municipales de 2026) la tendance restait très largement favorable au maire du Havre, Edouard Philippe, qui, dans son camp, fait toujours la course en tête. Et…l’horizon pour éventuellement Bruno Retailleau (crédité seulement dans toutes les enquêtes d’opinions de 10 %) se révèle toujours bouché au stade supérieur. Il ne suffit pas de pulvériser Laurent Wauquiez pour encore prétendre jouer le rôle de numéro un ! Le chemin de Compostelle avec comme arrivée d’étape à l’Elysée qui passe par…le Puy-en-Velay ne s’annonce pas le plus facile. Le plus dur commence vraisemblablement pour « Nono le vendéen »…Et ce dernier n’a aucun intérêt à se découvrir d’un fil, voire beaucoup plus, selon l’adage bien connu, en ce joli mois de mai !