Les tracteurs vont rentrer paisiblement à la ferme. Ainsi en a décidé la première organisation syndicale agricole de France, la FNSEA, initiatrice d’un nouveau mouvement de colère matérialisé depuis plusieurs jours par des opérations escargot sur notre territoire. Jusqu’à se masser hier lundi devant les grilles de l’Assemblée nationale. Où le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, toujours plus présent que jamais sur le terrain, a en quelque sorte joué les Premiers ministres bis, en s’invitant aux côtés de sa collègue et amie LR ministre de tutelle, Annie Génevard, en charge des affaires agricoles, pour rencontrer les manifestants auprès desquels il est proche…Déjà par ses origines rurales ! Ces derniers ont de toute évidence bien perçu la décision de…rejet d’une loi justement en leur faveur! Qui restait en rade depuis la dissolution de l’Assemblée. Mais devant l’obstruction manifestée clairement par la gauche, et principalement par la France insoumise et les écologistes, ces derniers ayant déposé plus de 2400 amendements sur les 3500 « examinables », le socle central n’a pas eu d’autre issue que de voter contre son propre projet de loi et ce pour permettre un retour de la loi « Duplomb » nom du sénateur auteur de cette proposition devant le Sénat, puis la mise en place d’une commission technique paritaire, beaucoup plus facile et rapide pour faire adopter le projet souhaité par une majorité d’agriculteurs « vent debout » pour les contraintes qui leur sont imposées depuis des années. Une simplification administrative passant aussi par le retour d’utilisation d’un des pesticides honnis tant par les écolos que la France insoumise. Qui en choeur, ont crié haut et fort au « scandale démocratique », un refrain bien connu, dû pourtant en grande partie à un blocage qui aurait duré des mois, voire plus, selon cette volonté commune des deux partis de…plomber le débat avec la présentation de ces milliers d’amendements. Une tactique chère à la LFI, qui, en retour, a brandi sa carte favorite: la motion de censure. La septième depuis décembre dernier. Qui, pas plus que les autres, ne devrait se conclure par la chute du gouvernement Bayrou, invité ce matin d’une matinale. Au cours de laquelle il ne pouvait pas ne pas être notamment interrogé sur un autre vote ou plutôt deux, selon sa volonté, sur la fin de vie (autour des soins palliatifs) et le droit à mourir. Un dernier dossier tellement plus complexe où contrairement au premier (susceptible d’être voté à une quasi unanimité) un large consensus n’existe pas chez les députés et ce quel que soit leur camp politique. Chaque député aura sa liberté de choix. Les interrogations demeurent sur certains points.
Le Premier ministre se les pose. Aussi a-t-il fait part de ses incertitudes en l’état actuel. En conscience il a déclaré qu’il ne la voterait pas et qu’il aurait choisi l’abstention ce soir lors de l’adoption ou pas de cette loi réclamée depuis des lustres par une majorité de nos compatriotes favorables tout comme les soignants, évidemment aussi partagés, à cette avancée sociétale tellement attendue…Verdict en fin de journée ! Peut-être historique qui ouvrira alors un marathon législatif avec les navettes parlementaires obligatoires…après des débats heureusement apaisés pendant leur examen. Une belle rareté dont il faut se féliciter d’ailleurs. Espérons que les derniers doutes motivés pour beaucoup pour des raisons religieuses, seront très vite levés !
Encore qu’il est important de préciser que tous les catholiques ne sont pas réfractaires, loin s’en faut, à des avancées sociétales en dépit de leurs convictions…Tout comme la liberté de voter pour chacun et chacune des parlementaires sur un sujet intime en dehors de tout clivage politique.