Tu as le bonjour d’Alfred ! Un scénario digne de Hitchcock qui s’y prête d’autant plus que l’un des protagonistes a en partie un nom…d’oiseau dans son patronyme, Rossignol. Comme dans la chanson « Rossignol, de mes amours » de Luis Mariano ! Le maire et président de la métropole rouennaise, Nicolas Mayer-Rossignol, s’est en effet qualifié sans la moindre surprise pour la grande finale de l’élection pour le poste de premier secrétaire du Parti socialiste. Pratiquement à égalité, n’étant devancé à l’issue du premier tour que de quelques voix par le tenant du titre, et quel champion, Olivier Faure. Pour un remake de l’édition de 2022 où la vainqueur et son vaincu s’étaient retrouvés là aussi dans un mouchoir de poche. D’autant plus de circonstance que ce scrutin s’annonce une nouvelle fois indécis avec pour arbitre le président du groupe socialiste, Boris Vallaud, sur lequel se sont portés les suffrages de 20 % des électeurs contre 40 % à ses deux principaux adversaires. Pour une participation d’environ 20.000 votants. Pas de quoi pavoiser ! Une comparaison peu flatteuse pour l’ex-premier parti de France avec son homologue des « Républicains » qui, grâce à l’affrontement entre Retailleau et Wauquiez a repris quelques couleurs. Le rose n’est plus vraiment à hauteur de la situation…La principale différence entre le tenant et son challenger, pas beaucoup plus charismatique, tient vraiment dans leur divergence de stratégie électorale, MNR étant le seul à refuser une alliance, tant au niveau des municipales que de la présidentielle avec Mélenchon et ses « sbires » de la France insoumise. Seras-ce suffisant pour l’édile rouennais pour être élu le 5 juin et intronisé une semaine plus tard lors du congrès de Nancy, au pays de la mirabelle et de la quiche…lorraine ? Quel suspense insoutenable et passionnant pour le « grand public » quelques jours seulement avant la finale de la Champions Ligue de football opposant samedi prochain le PSG à l’Inter de Milan, avec des noms plus « ronflants » en têtes d’affiche !
C’est fait. Certes, le match semblait bien parti pour être gagné mais il restait tout de même un petit suspense tant le thème fait débat et ne fait pas consensus. Surtout à droite et au centre. Le texte sur le droit à l’aide à mourir porté par le député charentais MoDEM, Olivier Falorni, le tombeur il y a quelques années de Ségolène Royal, aux législatives, a en effet été adopté avec une plus large majorité qu’initialement prévue. Une première historique dans notre pays, avec 305 voix pour, une majorité donc absolue et 199 voix contre et une soixantaine d’abstentions. L’élu centriste avait repris un projet de loi interrompu par la dissolution de l’Assemblée nationale et travaillé en bonne entente avec la ministre de la Santé, anciennement LR, Catherine Vautrin. Au RN, le « niet » l’emporte très largement 101 contre seulement 19. A l’autre extrémité de l’hémicycle, dans les rangs de la France insoumise, seule la compagne de Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou, s’est opposée à ce texte de loi. « Horizons » le parti d’Edouard Philippe, est apparu plus partagé avec 14 voix pour 13 contre. Un score un peu surprenant. Seuls 7 élus chez LR contre 34 et 8 abstentions se sont prononcés pour le « da » . Ca en dit long sur la position de la droite et n’augure pas un long fleuve tranquille pour cette loi et contraindra peut-être le chef de l’Etat à faire usage d’un référendum auprès du peuple (a priori favorable à cette avancée sociétale tellement attendue par ses partisans). Surtout que les opposants ne manqueront pas de durcir les dispositions et les entraves au Sénat, seconde étape à l’automne de ce parcours législatif du combattant, avant de revenir au palais Bourbon. La ministre de la Santé se veut rassurante sur le fait que la loi soit définitivement votée avant l’élection présidentielle de 2027. Que de temps long ! C’est loin d’être gagné d’avance ! Mais c’est toujours un « pas de géant » dans le sens de l’histoire et ce d’autant plus que les mêmes députés, plus tôt dans l’après-midi, avaient voté à l’unanimité une second loi liée celle-ci à une amélioration de la fin de vie avec des soins palliatifs sur l’ensemble du territoire. Un signal important aussi pour les LR qui ne pourront pas faire de l’obstruction sans risquer des retours de bâtons d’une opinion semble-t-il favorable à cette valeur d’humanité et opposée à cette hostilité manifeste à l’égard d’une loi jugée trop permissive par d’autres…