L’homme le plus puissant de la planète aurait-il pris un accent à la sauce normande en reprenant, en quelque sorte à son compte, une célèbre formule sur l’implication directe des Etats-Unis dans la guerre opposant l’Iran à Israël ? « P’tet ben qu’oui, p’tet ben qu’non ». Le locataire du bureau ovale s’interroge encore. Tergiverse. On ne peut à ce niveau le blâmer. Une bonne réponse de normand aussi évasive qu’ambigüe mais qui, là, pose évidemment question et surtout problème, lorsqu’il s’agit d’une éventuelle entrée en guerre de l’Amérique au Proche-Orient ! Nous ne sommes plus au temps de Mme de Sévigné, qui, au XVII e siècle, dans ses écrits, faisait souvent référence à cette formule « patoisante » chère aux normands et dont l’origine lointaine viendrait d’une très vieille loi de cette province donnant le droit à une personne ayant signé un marché de se rétracter dans les 24 heures. Un délai de rétractation qui sied très bien à Donald Trump, toujours prompt à changer de pied à des allures records. La vérité du mercredi n’est pas toujours celle du jeudi !
Restons en Normandie pour évoquer aujourd’hui…l’entrée en guerre (sans missiles sinon écrits) de nombre d’élus de l’Eure, de Seine-Maritime et des autres départements de la Normandie présidée par le grand « connétable », Hervé Morin. Forts mécontents de la décision du Conseil d’Etat d’abandonner un projet cher aux politiques, toutes tendances politiques (un coude à coude assez rare pour être mentionné) de cette « contrée » du « bout du monde » pour ses deux principaux ports de la Manche et de Seine-Maritime, quelque peu négligée depuis des lustres par Paris pour ce qui relève de la desserte ferroviaire entre la capitale et la province. La seule en métropole à ne pas disposer de lignes TGV sur son espace territorial. La Normandie c’est retour au Moyen-âge lorsqu’il s’agit de prendre un train qui met plus de temps qu’il y a quarante ans entre Cherbourg et le Havre avec Paris. Le vieux projet de la Ligne nouvelle vient en effet d’être définitivement abandonné au grand dam, voire plus des politiques. « C’était pourtant un enjeu vital pour l’attractivité de la vie touristique, économique et résidentielle de notre territoire », écrivent « furibards » les élus, conseillers départementaux et régionaux, parlementaires, dont la députée « Horizons » du Havre, Agnès Firmin le Bodo. Qui, ne voyant pas plus que ses collègues le bout du tunnel totalement obstrué, a posé mardi une question au gouvernement dans l’hémicycle à ce sujet et tous les maires qui s’en prennent tout particulièrement à Valérie Pécresse, présidente de la région francilienne, surnommée la « traitresse » pour avoir saboté depuis plusieurs années ce projet. Ils n’ont pas été jusqu’à dire que l’ancienne ministre et candidate à la présidentielle, pourtant à l’époque soutenue par son ami d’alors, Hervé Morin, et tant d’autres de son camp, déraillait totalement, mais nous n’en sommes pas très éloignés. « Il n’est pas question qu’une seule élue soit responsable de l’abandon d’un projet attendu par plus de 3 millions de normands« , dénoncent les frondeurs. Elle en prend pour son grade, qui n’est pas celui de chef de gare, la présidente de la Région Ile-de-France placée au premier rang des accusés. Les signataires de ce communiqué « cocufiés » par « Valoche » en appellent au ministre des Transports, Philippe Tabarot, afin que le dossier ne soit pas définitivement enterré. La bataille du rail n’est pas terminée, espèrent-ils…C’est quand même très mal parti !