Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ! En tout cas pour François Bayrou, dont la semaine a été tout particulièrement contrariée. On passe sur le dernier sondage en berne qui fait de lui le Premier ministre le plus impopulaire de la V e République. Presque un détail dans cette conjonction d’alignement des mauvaises planètes, alors qu’il appelle toujours ses compatriotes à faire des efforts. C’est d’autant plus malvenu alors qu’il vient de se faire épingler et pas seulement que par ses oppositions, vertes de rage, lorsqu’elles ont appris que le locataire de l’Hôtel de Matignon, s’était offert jeudi, (si j’ose dire) un aller-retour au Pays-Basque en jet privé pour assister à une réunion sur la géothermie, un secteur environnemental qui y organisait ses Journées nationales. Où son discours a duré seulement 27 minutes pour…deux heures de trajet aller-retour de Villacoublay à Biarritz et forcément un bilan carbone jugé par trop conséquent par les bons apôtres « verts » et de la France insoumise. Il n’avait visiblement pas retenu la leçon du tollé qu’il avait reçu, alors frais Premier ministre, pour rejoindre la capitale du Béarn, sa ville, par voie aérienne, toujours en jet privé. Ca eut passé, mais ça ne passe plus comme au bon vieux temps où François Mitterrand, entre autres, utilisait régulièrement les avions et hélicoptères de l’Etat (toujours aux frais des contribuables) pour s’offrir un très bon repas en province dans les meilleures tables de l’hexagone chez ses chefs préférés. Le bon goût n’a pas de prix, il est vrai !
En tout cas, pour « Lou Bayrou » ce déplacement professionnel s’est révélé plus aisé et confortable que celui effectué au Salon aéronautique du Bourget, toujours cette semaine, où il a eu tous les peines du monde de s’extraire du cockpit d’un avion de chasse. Il a dû pousser, pousser pour se sortir de ce mauvais pas d’où le bonheur des capteurs d’images qui se sont régalés à filmer un chef de gouvernement coincé l’espace de quelques instants dans l’habitacle. Qui il est vrai n’est pas conçu pour accueillir des « pilotes » de plus forte corpulence. Ca a bien fait rire au moins Jordan Bardella, présent le même jour avec « Tata Marine » sur le tarmac, auteur d’une fine et discrète allusion à cet incident ! Ce n’est pas beau de se moquer d’un septuagénaire moins longiligne que lui…
Buvant à petites gorgées, bien nécessaires en ce temps de canicule, le maire de Pau, dont on ne peut dire qu’il en ait beaucoup depuis sa nomination, il y a six mois, a dû avaler un nouveau contretemps avec l’adoption à l’Assemblée nationale d’un moratoire sur les nouveaux projets d’énergies renouvelables. A la surprise générale, la droite et le Rassemblement national se sont alliés pour voter un amendement suspendant tout nouveau projet éolien et photovoltaïque. Au grand dam du gouvernement et du rapporteur du texte initial, l’éphémère ministre de l’Economie et député Renaissance de la Savoie, Antoine Armand, des écolos et des parlementaires de gauche. Ces derniers ne peuvent que s’en prendre à eux-mêmes, avec des rangs bien dégarnis, notamment chez les « verts » où seulement 4 députés se trouvaient présents. Ils n’auront pas droit à l’erreur lors du vote solennel prévu mardi prochain. Ce moratoire n’est donc pas encore inscrit dans le marbre avec cet « oral de rattrapage ». Passe ton bac d’abord dans un hémicycle très juvénile en terme d’ambiance surchauffée où les élèves, le confondant trop souvent avec un plateau de télévision, cherchent surtout à faire des coups. Parfois très tordus si l’on en juge par les menaces que font peser une partie non négligeable d’élus macronistes du bloc central, qui, mécontents, pourraient être tentés de voter la censure d’ici à quelques semaines ! On est jamais mieux trahi que par les siens…