Le conclave social voulu par le gouvernement pour une renégociation de la réforme des retraites de 2023 accouchera selon toute vraisemblance ce soir d’une petite souris. Tout ça pour ça. Avec un final attendu: son échec, même si les derniers syndicats encore présents autour de la table ont obtenu, tels la CFDT, une avancée sur les retraites des femmes et quelques améliorations jugées timides par les partenaires sociaux, ici et là. Un aménagement notoirement insuffisant et ce d’autant plus que le patronat, qui a longtemps hésité à participer à la dernière réunion, a refusé toute concession sur la question des cotisations patronales et encore moins sur l’âge du départ à la retraite abandonné bien avant ! Pas question de toucher aux 64 ans. Sans la moindre surprise. Va alors se poser une autre question plus politique: la longévité du gouvernement Bayrou avec une forte possibilité d’un vote de censure qui, de toute façon, sera déposée par la France insoumise dans les prochains jours et « possiblement » acceptée cette fois-ci par le Parti socialiste, et ce même, contrairement à un passé récent, lors de la chute du gouvernement Barnier, où les français à une large majorité (de l’ordre de 70 %) y est hostile. Les regards vont donc à nouveau se tourner vers le Rassemblement national, maître des élégances! Si élégances il y a. Je pencherai davantage sur un nouveau désordre dont notre pays n’a vraiment vraiment pas besoin en un tel contexte. Appuiera-t-il sur le bouton « atomique » ou plutôt sur la siège éjectable du Premier ministre ? Plus que jamais en danger et dont le scalp dépendra de l’humeur belliqueuse et de l’intérêt ou pas de Marine Le Pen et de ses troupes. Notre ministre des Armées, Sébastien Lecornu, le recalé de la dernière minute il y a six mois, va à nouveau attendre son heure, pour enfiler ses rangers et se préoccuper-pacifiquement et sans le moindre coup de feu-de rejoindre la rive gauche et Matignon…Il n’y aurait plus cette fois-ci le maire de Pau pour contraindre le chef suprême de l’Elysée de le préférer à l’élu eurois !
Quel bilan déplorable ! Une honte alors que la nuit devait être festive à l’occasion samedi de la fête de la musique transformée en une sombre foire alcoolisée à grands débordements. Les chiffres sont là pour l’attester et tout particulièrement dans la capitale, Paris: 1.500 personnes blessées dont une toujours entre la vie et la mort, 371 interpellations, 305 gardes à vue à comparer aux 22 de l’édition précédente, 145 piqûres signalées dont été victimes autant de femmes, six personnes poignardées aux couteaux et paires de ciseaux et une douzaine de blessés parmi les forces de l’ordre. Sympa l’ambiance ! Et une fois n’est pas coutume, je donnerai presque raison au coup de gueule lancé par le député de LFI, Aymeric Caron, le plus sévère à dénoncer la caractère désastreux de cet important événement « où il n’est plus question, selon le parlementaire parisien, de musique et de famille, mais de machine à cash pour les bars sur fond de musique crashée à fond des enceintes perforant les murs des appartements environnants » ! On peut parler hélas de foules par moments avinées et dangereuses ».
Il n’était pourtant pas aviné, ce matin, cet ancien député UMP d’une circonscription lyonnaise et magistrat (toujours bronzé) et heureusement non porteur d’une arme blanche, invité quasi permanent de Pascal Praud sur C.News, qui, interrogé sur l’intervention déclenchée par le président Donald Trump, sur l’Iran, une entrée en guerre très commentée durant le week-end, a tenu un propos des plus contestables. En l’occurrence applaudir sans la moindre réserve à cette entrée en guerre des Etats-Unis. Il y voyait là dans son chapelet de félicitations dithyrambiques à l’égard du locataire de la Maison blanche, un événement de portée historique le comparant au Débarquement des forces alliées le 6 juin 44 sur les plages normandes. « Ils sont venus nous sauver. Un grand bravo à eux » a-t-il observé encore sans la moindre retenue. Ah bon ? On peut ne pas partager cette impression grandiloquente et victorieuse et éviter les superlatifs pas vraiment de circonstance pour ses conséquences éventuelles. Même si, pour autant, le président américain « a fait le sale boulot », se sont félicités d’autres observateurs. Ce qui n’est pas faux, non plus.
PS: la bonne blague du jour et elle nous vient de Moscou. Et plus précisément de la bouche de Vladimir Poutine. Qui en expert incontestable, nous parle ce matin « d’une agression des Américains en Iran sans justification ». Un peu comme la sienne en Ukraine. Et combien de morts de rire ? Pas loin du million, non ?