C’est tout un art ! Celui de s’offrir une guerre intestine au haut potentiel explosif ! Un plat mijoté en interne par une droite toujours performante dans cet effort sans cesse renouvelé. Normal puisque l’on parle de Rachida Dati, ministre de la Culture. C’est le feuilleton de l’été dont les Républicains auraient pu se passer avec ce bras de fer possible entre une membre du gouvernement, restée LR et son ancien patron, certes très éphémère, Michel Barnier, investi sans la moindre surprise par son parti hier lundi pour briguer les suffrages des électeurs et électrices de la capitale, lors d’une législative partielle prévue à la rentrée de septembre-octobre, sur un territoire comprenant une partie des terres électorales de la maire du VII e arrondissement. Qui en dépit de cette investiture accordée à l’ex-Premier ministre à l’unanimité moins une abstention, n’entend pas…capituler et persiste à bien consacrer « son énergie et sa détermination et se battre pour eux, ses électeurs.. « Paris ne peut pas souffrir des guerres d’égo qui me sont étrangères ». Un commentaire ne manquant pas vraiment de piquant et de sel lorsqu’on connait le parcours tracé par cette élue « explosive » (opposée au « flegmatique ») de grand caractère depuis son départ de la Chancellerie du temps de son « mentor » Nicolas Sarkozy. Une sacrée « bonne femme » qui ne s’en laisse pas compter avec son expérience de combats souvent gagnés ! Elle se dit prête à entrer en dissidence. Qui peut ne pas la croire ? Hélas ! Ce qui au final pourrait être une grave erreur tactique alors que son ambition première n’est autre que la victoire finale à la mairie de Paris. Un graal qu’elle pourrait voir s’échapper si ce scrutin déjà tournait mal. Ce qui est toujours possible. Elle risque gros dans l’attente toujours du règlement de ses déboires judiciaires dans l’affaire Carlos Ghosn !
Même élue au palais Bourbon, Rachida Dati préfèrera rester au gouvernement et donc par voie de conséquence ne pas rejoindre le banc des députés. Que son adversaire âgé de 74 ans, jamais élu à Paris, il n’a connu que sa vallée de la Tarantaise et sa Savoie (il est né à la Tronche) chères à son coeur, sans oublier toutefois un long séjour politique aussi à Bruxelles, voudrait bien rejoindre. Pour exister et peser notamment sur le groupe des LR à l’Assemblée. Les mauvaises langues lui prêtent de vilaines intentions sur son désir de remplacer le cas échéant le président du groupe à l’Assemblée nationale qui n’est autre que Laurent Wauquiez et même plus jusqu’à succéder en 2026 à Anne Hidalgo si par le hasard du calendrier judiciaire Rachida Dati se trouvait dans l’impossibilité de se présenter ! Voire même la magistrature suprême, l’Elysée, au cas où. Ca fait tout de même beaucoup pour l’un des retraités de la politique le plus occupé ! Un ambitieux hors d’âge…
La ministre de la Culture qui s‘est déjà faite « rouler dans la farine » dans son propre camp, une première fois par François Fillon, dans sa circonscription, puis par Nathalie Kosciusko-Morizet aux municipales parisiennes, aurait tout intérêt plutôt à « négocier » un partage gagnant-gagnant sûr (mais peut-elle encore avoir confiance en ses amis politiques ?) avec son challenger venu de sa montagne conquérir une « circo » en or massif. Attention toutefois au danger d’une éventuelle triangulaire mortifère au second tour entre les deux Républicains et un possible candidat socialiste ! Et la droite reprendrait aisément son titre de la plus bête du monde, s’incliner dans une circonscription huppée soit disant imperdable pour son camp. Merci qui, Messieurs Retailleau et consorts en passant aussi par un autre prétendant ambitieux pour la présidentielle 2007, Edouard Philippe, dont on dit qu’il soutiendrait Michel Barnier pour cette lutte fratricide aux conséquences peut-être très coûteuses. Ce n’est plus de la politique, mais des parties de billards à plusieurs bandes. L’échec cuisant de Rachida, prise aussi au piège d’une éventuelle renonciation (peu en conformité néanmoins avec son caractère de battante) ne ferait pas pleurer l’un de ses poulains « Horizons » candidat déclaré à la municipale parisienne de 2026, Pierre-Yves Bournazel, dont la notoriété fait pâle figure par rapport à sa rivale ! Comme quoi la montagne parvient également parfois à rejoindre la mer avec cette alliance de circonstance entre anciens locataires de Matignon…En vue de rapprochements futurs ?