« Tous fautifs » !

Voici revenu, non pas le temps des cathédrales chanté par Garou et Patrick Fiori, mais bien celui de la vague sondagière, qui, pendant des mois, va submerger sur la France. Un véritable tsunami de chiffres qu’il faut vraiment prendre avec des pincettes. Et qui dit rentrée des classes de nos chers politiques, comme ce week-end où les principales têtes de gondole souvent pas très drôles, ont bénéficié d’un temps de parole, principalement sur les chaînes d’infos en continu, pour surtout se « vendre » et tenter de signer un bail avec le poste de Premier ministre, possiblement vacant dans de brefs délais. Après le premier des socialistes, à Blois, Olivier Faure, c’était au tour hier de Jordan Bardella, lors de son tour (le lendemain du passage de François Bayrou) de la foire agricole de Châlons-en-Champagne, la plus importante du royaume de France après celle du Salon de l’Agriculture parisien, de montrer ses muscles et de réclamer une dissolution qui, selon lui, l’emmènera tout droit et les doigts dans le nez (ce qui n’est pas poli) jusqu’à Matignon. Il nous refait le même coup qu’à la précédente dissolution: il ne sera intéressé par cette hypothèse qu’à la condition où son parti décrocherait une majorité absolue dans la nouvelle assemblée sortie des urnes. Ou en s’en y rapprochant. Le sondage sorti aujourd’hui dans les colonnes de la Tribune du Dimanche, tout en étant porteur d’espoir pour le RN, est loin toutefois d’attendre cet objectif. Avec une estimation à 31,5 % contre 33 en juin 2024, il n’y a pas lieu de crier cocorico. Il en est de même pour la gauche qui réunie (c’est loin d’être fait) ne pèserait que 24 % toujours au premier tour. Et seulement 14 % pour « Ensemble » et ses alliés du Modem et d’Horizons. Un score médiocre qui n’a rien de réjouissant pour ce qui reste de l’ancienne majorité gouvernementale qui, l’année dernière, pesait encore 20 %, lors du premier round. Le second avait amorti la chute…

Il ressort que 46 % de nos compatriotes sont hostiles à la reproduction d’un front républicain au second tour, qui, la dernière fois, avait empêché le parti mariniste de remporter ce scrutin. Une alliance commune quelque peu contre-nature entre le parti présidentiel et ses alliés, qui, avec le Nouveau front populaire, avaient validé ce barrage dans plus de 200 circonscriptions rendant donc impossible l’arrivée d’une majorité de la droite extrême au Palais Bourbon.

Rien cette fois-ci ne semble donc empêcher le RN de décrocher cette fois-ci la timbale. Dorée, certes, mais pas vraiment en or massif! Elle ne bouleverserait pas en effet les données d’un scrutin, appelé à connaître une configuration finale proche de l’actuelle assemblée qui resterait toute aussi divisée en trois blocs et sans la moindre majorité stable et un dominateur assuré de pouvoir gouverner jusqu’à l’élection présidentielle.

Encore un coup pour rien donc que cette possible dissolution tant désirée par les partis de l’opposition ? On apprend néanmoins dans cette consultation sondagière que 45 % des Français estiment que tous les acteurs politiques, quels que soient leurs origines « familiales » « sont tous fautifs ». Il n’est donc pas étonnant de les voir pointer d’un doigt accusateur la gauche, la droite, le centre et les deux extrêmes. Qui pour les électeurs que nous sommes ne pèsent plus grand chose au niveau de leur carte de crédit…Une panne géante de CB en version politique ! Ou encore une absence durable de « fraîche » en DAB…et dans des millions de foyers du continent et dans nos territoires plus éloignés !

PS: « Etre en porte-à-faux vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon ? Je n’en ai strictement rien à cirer ». Tels sont les propos de « l’amoureux transi » du leader de la France insoumise JLM. Raphaël Grucksmann, au nom de son mouvement « Place publique » a répété à Blois, où il était invité par le PS, qu’il était hors de question pour lui de s’allier à la LFI pour quelque scrutin futur que ce soit ! Ne comptez pas sur lui pour passer la brosse à reluire sur les chaussures du maître à penser de l’extrême-gauche révolutionnaire…On verra. Il l’avait déjà juré, craché !

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