Accusé coupable d’association de malfaiteurs, Nicolas Sarkozy passera par la case prison ! Je vais vous le dire : « La haine n’a décidément aucune limite »…

Il risquait une peine de prison ferme maximale de dix ans. Si la relaxe a accompagné la majeure partie de ses chefs d’accusation que ceux plus infamants de corruption passive et de complicité de trafic d’influences poussés par le parquet national financier (PNF) alors qu’entre 2005 et 2007, où il n’était pas encore président de la République un « détail » ayant son importance, mais bien « seulement » ministre de l’Intérieur et candidat ! Et préparait sa campagne électorale victorieuse contre Ségolène Royal. Il était suspecté de financement illégal de sa campagne facilité par les largesses du régime libyen et tout particulièrement par son président de l’époque, le colonel Mouammar Kadhafi, dont…on connaît la fin tragique et aussi quelques années plus tôt son campement lors de sa réception officielle (en grandes

pompes) par le chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, dont l’une de ses ministres, Rama Yade, s’était bruyamment émue à l’époque ! A la fois de cette venue de « l’infréquentable » dictateur de Tripoli qui alors aspirait à redorer un blason international pour le moins « rouge sang «  et du cérémonial inédit et choquant dans l’un des jardins des palais de la République !

Douze années de calomnie selon « Sarko » mais pas une preuve avérée de sa culpabilité. Même s’il était reconnu coupable d’association de malfaiteurs (un jugement un peu fourre-tout dans le jargon judiciaire) à l’instar de son proche collaborateur Claude Guéant, le plus malmené dans cette affaire de financement illégal de la campagne présidentielle et l’ancien ministre de l’Intérieur et son ami de longue date, Brice Hortefeux. Un autre ancien ministre et actuel député sous la bannière du parti Renaissance, Éric Woerth, lui, a été relaxé de la totalité de ses chefs d’accusation…

Il n’empêche et « je vais vous le dire » une phrase souvent reprise par l’ex de l’Élysée, dans l’attente du quantum de la peine (forcement moindre que celle que risquait l’ancien président) on va tout de même assister à une première historique dans la V e République, voir un ancien locataire de l’Élysée être jugé coupable d’association de malfaiteurs. Ce qui n’est tout de même pas rien ! Même si on peut dire qu’il semblait s’en tirer, sinon avec les honneurs, mais finalement pas si mal !

Enfin c’est ce qu’on pouvait penser vers 11 heures, ce matin. À suivre bêtement peut-être les réactions de tous les journalistes. Ébahis à la lecture du jugement. Et puis à 13 heures passées le coup de tonnerre dans le palais de justice et à dire vrai avec les chefs d’accusation abandonnés , une condamnation inattendue. Cinq ans de prison ferme. Avec en plus un mandat de dépôt différé avec exécution provisoire. Le pire du pire pour l’intéressé même si l’exécution n’interviendra que d’ici à un mois ! Un épilogue et invraisemblable deux heures plus tôt. Quelle stupeur dans la salle alors que la corruption n’avait pas été retenue ! On n’était vraiment pas dans la douceur de la peine ! La petite musique de « la République des juges » beaucoup moins laxiste lorsqu’il s’agit de frapper très fort un politique, plutôt qu’un délinquant coupable des pires méfaits, va beaucoup tourner en boucle. Et que de comparaisons enviseagables. Pour une première historique de la V République et un véritable choc dans l’opinion française et à l’étranger d’une peine d’une sévérité extrême. On était bien éloigné de l’image de l’homme courage qui, en tant que maire de Neuilly-sur-Seine, bien avant d’être élu président, avait bravé « Human bomb » dans la classe d’une école de sa ville ! Terrible comparaison…Et puis à sa sortie de la salle d’audience, face caméras, il a annoncé à la fois son intention de faire appel de cette condamnation et son extrême combativité. « Je dormirai la tête haute en prison. On sait où me trouver. Il n’est pas dans mes intentions de me dérober. Je me battrai jusqu’à mon dernier souffle » .

« Je suis relaxé sur trois des quatre chefs d’accusation et la Justice pensait m’humilier et c’est la France qui aujourd’hui est humiliée ». « Cette injustice est scandaleuse, je suis innocent et la haine n’a décidément aucune limite » . L’animal politique « Sarko » n’a pas encore dit son dernier mot. A-t-il été victime pour autant d’une justice d’exception ? Le doute est permis et il n’a pas bénéficié en la circonstance à l’accusé ! Qui vient d’entrer dans la…cour très restreinte des chefs d’Etat et souverains condamnés à…mort pour le premier, Louis XVI et le maréchal Pétain gracié par le général de Gaulle ! Une comparaison certes audacieuse…chacun en conviendra.

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