Ce n’est plus « Le clan des siciliens » mais bien celui des « Républicains » Un trio chasse l’autre…même si la Justice a enfin accroché à son tableau « Sarko » !

Nicolas Sarkozy passera donc très probablement son Noël au troisième étage de la prison de la Santé à Paris. Dans sa cellule déjà réservée. La Justice qui souhaitait tellement l’accrocher à son tableau de chasse a enfin gagné la partie. Comme quoi l’acharnement peut être payant. A l’issue de douze longues années de procédures menées par la Parquet national financier qui, hier soir, pouvait « faire péter la roteuse ». Qu’en termes vulgaires ces choses là sont dites. A partir notamment d’une pièce suspectée d’être fausse, ce qu’ont même reconnu les magistrats. C’est très Faure comme aurait pu le dire le premier secrétaire du Parti socialiste. Un faux alimenté par le journal en ligne « Médiapart » à l’origine, en avril 2012, de la sortie publique de cette nouvelle casserole accrochée au basques de l’ancien Président, condamné hier à cinq ans de prison ferme et à une mise sous mandat de dépôt à effet différé pour son affaire libyenne! Une première historique. Très sûrement à la mi-octobre. Et le démarrage de l’humiliation pour un ancien chef de l’Etat transformé en vulgaire Monsieur tout le monde. Soumis notamment aux fouilles à corps et aux vexations subies d’ordinaire par le monde carcéral. Son seul luxe sera de bénéficier d’une cellule pour…lui tout seul. Je n’arrive pas à m’imaginer un ex-locataire de l’Elysée dans cette sinistre situation. Et ce quels que soient son identité et son camp politique. Et les fautes lui étant reprochées. Nu devant ses surveillants. Quelle suprême indignité. Où a-t-il planqué les armes et le fruit de ses braquages. Puisqu’il s’est rendu coupable d’association de malfaiteurs, le titre d’un film de Claude Zidi sorti dans les salles en 1987 !

Mais dans le cas présent il ne s’agit pas d’une fiction mais bien d’un remake d’un autre long-métrage faisant l’histoire du cinéma « Le clan des sarkozystes » pardon des siciliens » avec dans les rôles principaux, non pas le trio majeur du cinéma français: Gabin-Ventura-Delon, mais bien d’un autre clan des « Républicains », celui-là, composé de Sarkozy-Guéant-Hortefeux. Soyons un peu sérieux un instant…Où sont les preuves ? Elles n’existent pas en dépit de tous les efforts déployés toutes ces années par le PNF. La meilleure…preuve n’est-elle pas que les juges aient abandonné les trois principaux chefs d’accusation pour se satisfaire de ce fourre-tout de l’association de malfaiteurs, pour le punir sévèrement.

« Quelle indignité » aurait pu ajouter Laurent Gerra dans l’une de ses imitations, agrémentée forcément d’un haussement d’épaule. Beaucoup plus drôle que cette parodie désolante de justice. Il fallait bien un justificatif pour justifier les sommes folles qu’auront coûté toutes ces années pour essayer de trouver la faille et envoyer « Sarko » en taule, comme se satisfait goulûment en titre de Une, le quotidien « Libération » le jour d’après. Et pourtant le ministère de la Justice ne croule pas sous l’or. Ca se saurait.

Et pourtant je le jure de façon solennelle: c’est le soir venu de son élection en 2007 et son installation à l’Elysée que mon sarkozysme s’est quelque peu dérobé par une porte justement dérobée lorsqu’il quitta une célèbre brasserie huppée des Champs-Elysées, pour célébrer sa victoire et sa première bavure grave de communication. Et je ne vous parle pas, quelques semaines plus tard, de son embarquement sur le yacht de Vincent Bolloré, le même milliardaire dont on connait l’appétit pour les médias très orientés politiquement pour se payer là aussi, matin, midi et soir, avec beaucoup de gourmandise, l’un de ses successeurs, Emmanuel Macron. Un grand…Praud assurément ! Ca serait assez drôle que l’ennemi de toujours, l’actuel président vomi par l’empire Bolloré, gracie (il en a le pouvoir) le « copain » « Sarko »… Quel délice ce serait, le cas échéant, d’entendre P.P et ses amis remercier « Manu »…Rien que pour ça , il ne peut pas ne pas gracier même partiellement l’un de ses prédécesseurs ! Et en plus, il n’est plus à ça près en raison de son impopularité au sommet. Quel risque, prendrait-il ? pourrait-on ajouter avec un certain amusement malicieux. Ca ferait aussi plaisir à Marine Le Pen la première a réagir pour venir à la rescousse de l’ex, humilié. En pensant également beaucoup à elle, il est vrai ! On ne peut pas à dire à l’inverse que le monde politique qui lui doit tant ait fait preuve de courage et de zèle pour le soutenir. A quelques exceptions près, les plus en vue étant de façon paradoxale ceux chez les LR, des personnalités de premier plan, telles que François-Xavier Bellamy et le maire de Cannes, David Lisnard, qui elles , ne doivent pas leur carrière (ils sont plus récents en politiques) à l’ancien président de la République.

Je reviens donc rapidement à la fin de ma période « Sarko » après cette double erreur de festivités. Ca fait donc un sacré bail. Je préfère ne pas évoquer le ridicule épisode du « Sarkothon » et un bilan présidentiel que je qualifierai dans l’ensemble très décevant , même si lui aussi, je le reconnais, a subi des tourmentes internationales liées à l’effondrement des banques américaines. Je suis d’autant plus à l’aise pour déplorer cet acharnement abusif à son égard.

PS: J’ai bien aimé en revanche le petit geste symbolique à la sortie de la salle d’audience correctionnelle de l’ex-Première dame, Carla Bruni-Sarkozy (dont je ne suis pas non plus un grand fan) qui, avec un sourire d’ange, s’empara de la bonnette de la caméra de « Médiapart » avant de la jeter avec douceur à terre ! « Un geste plein de mépris » a jugé une députée écologiste avec ce sous-sous texte:  » La presse est libre, au contraire de votre mari multi-condamné ». C’est très classe !

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