Le Premier ministre n’a pas intérêt à se louper cet après-midi dans l’Hémicycle. Et pour exister encore à la fin de semaine, il n’aura pas a priori, d’autre choix pour éviter la censure du PS (la clé du match) que de suspendre l’application de la retraite à 64 ans. Et de la geler jusqu’au prochain scrutin présidentiel. Ses mots vont être scrutés ! Et surtout la prononciation de la formule magique pour les socialistes: « suspension » de la réforme de la retraite. Une mauvaise solution mais la seule hélas de nature à éviter le pire: la poursuite folle du « bordel » aux conséquences mortifères pour notre situation économique. Et par voie de conséquences pour tous les salariés menacés par toutes ces disparitions. Le monde de l’entreprise, déjà très malade avec ce nombre de défaillances au sein des petites et moyennes entreprises (plus de 7…000 disparitions ) morfle…Terriblement. Une descente aux enfers accentuée par toute cette instabilité politique. Qui ne cesse elle aussi de prendre une ampleur jamais encore atteinte. Sans parler des dizaines de milliers d’emplois gelés par cette non-visibilité par les entrepreneurs, petits et grands.
Nos chers députés, à l’exception de ceux du Rassemblement national, n’éprouvent qu’une seule trouille: celle de retourner devant leurs électeurs. Tellement urticante pour la majorité des mouvements politiques qui auraient beaucoup à perdre.
D’où l’impératif d’une non-censure et du retour de la grande faucheuse: la dissolution ! Qui serait inévitable si le gouvernement de Sébastien Lecornu tombait. Stop ou encore ? Les cartes sont entre les mains du Parti socialiste. Une formation ne pesant que 10 % des parlementaires.
Ce serait fort de café en revanche que quelques députés LR, parti divisé en deux camps et même plus au niveau de leurs chefs, si opposés et pourtant bien servis en fauteuils ministériels s’associent à la France insoumise et aux écologistes pour faire couler le paquebot. Et dans cette éventualité il n’y aura pas besoin d’un iceberg pour envoyer par les grands fonds le navire avec à la barre un commandant face à son moment de vérité.
Et que dire de l’attitude du RN et de sa cheffe de file, Marine Le Pen qui s’apprêtent à voter dans leur seul intérêt de nouvelles législatives conduisant possiblement à l’arrivée de Jordan Bardella à Matignon. Qu’en penseront alors leurs électeurs qui pourraient être privés du cadeau empoisonné du gel de la réforme sur l’âge de départ à la retraite ? Chapeau bas les artistes de la droite extrême…qui, à vrai dire dans bien des domaines, privilégient la conduite à gauche. Leurs « ouailles » apprécieront. Peut-être ! Ou pas.