Quand le Premier ministre bat en retraite pour survivre…

Encore une semaine « folle dingue » au cours de laquelle Emmanuel Macron s’est, en quelque sorte, autodissous en perdant sa réforme emblématique sur la retraite et Bruno Retailleau s’est autodétruit en quittant le gouvernement. Et a priori « Lecornu bis » s’est sauvé de la peine capitale ! Même renversé plus tard, il n’ira certainement pas à ter »

Et ce dans la mesure où le groupe socialiste a décidé également de laisser provisoirement sa chance au produit. L’exécution s’est trouvée différée. À moins bien sûr que plus d’une vingtaine de députés issus du Parti socialiste, du bloc central et de LR en fassent peu de cas d’une consigne de vote dont ils n’ont cure …En l’occurrence celle de la non censure immédiate. Réponse demain jeudi. Ca pourrait être néanmoins ric-rac surtout avec les comportements individuels des uns et autres. Trois parlementaires socialistes, comme l’a laissé l’entendre le premier secrétaire du PS, Olivier Faure (le grand gagnant du jour) sont annoncés comme votants en faveur de la censure. Ces derniers sont peu désireux de laisser la moindre chance au Premier ministre, Sébastien Lecornu, même si ce dernier l’a joué malin en prononçant bien le sésame magique imposé par le PS: la suspension de la réforme de la retraite à 64 ans jusqu’au scrutin présidentiel. « Ce n’est pas un chèque en blanc, mais une opportunité » a déclaré le chef du gouvernement. La réforme emblématique voulue par le chef de l’Etat sur la retraite s’en trouve donc abandonnée. Une interruption provisoire dans le temps ! Une bouffée d’oxygène que les marchés financiers ont visiblement bien accueillie. C’est déjà ça. Pour autant la vie ne va pas être un long fleuve tranquille pour Sébastien Lecornu. Les débats budgétaires, de toute évidence, seront très animés et se dérouleront sous haute tension. Après ce très court cri de victoire lancé par les dirigeants socialistes sur la retraite renforcés par la patronne de la CFDT, Marylise Léon…

Les anti maconistes primaires se déchaînent depuis hier soir. Dans un concert retentissant orchestré par des médias et surtout des éditorialistes en rage. Devant ce qu’ils considèrent comme un « minable retournement de vestes » avec en première cible le président du groupe LR à l’Assemblée nationale, Laurent Wauquiez, le méchant devenu si gentil avec le gouvernement. C’est évidemment facile pour les intéressés donneurs de leçons de faire tourner les magnétos et de reprendre les critiques sévères, il n’y a pas si longtemps prononcées par des personnalités de LR et aujourd’hui promues avec un maroquin ministériel pour certaines d’entre elles ! La touche pause et ce lâchement du totem vont peser lourd dans la balance. Probablement pas trop à court terme sur l’aspect financier mais beaucoup plus à effet différé fragilisant le système de retraite par répartition. Le prix cher certes (ah!) payer mais néanmoins plus léger que celui d’un chaos institutionnel. N’en déplaise aux mauvais génies des extrêmes, les seuls avec une partie de la gauche et quelques LR à réclamer une dissolution et le départ le plus rapide possible du chef d’Etat sortant d’une page internationale pas la meilleure avec l’humiliation que lui a réservé le « super héros » de Washington, Donald Trump. Qui pourrait lui aussi très vite déchanter sur la situation dans l’enfer de Gaza…

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