Échec d’une double censure: Messieurs les censeurs au revoir et à bientôt peux-être !

C’est vraiment intolérable! Je ne veux pas parler du scénario à suspense sur la chute ou non de Sébastien Lecornu mais bien du timing proposé par l’Assemblée nationale. Me contraignant d’attendre le résultat du scrutin devant intervenir à l’heure de l’apéritif ou du café.Ce n’est pas royal au bar ou de la buvette de l’Assemblée pour le modeste « scribouillard » que je suis !

Les frondeurs des Républicains et socialistes allaient-ils faire le pas…pas perdu pour tout le monde, de faire tomber le Premier ministre de Matignon. Et le renvoyer de facto au Sénat. Que ce serait drôle son arrivée au palais du Luxembourg où il n’a jamais siégé en dépit de son élection il y a déjà un certain bail et où il retrouverait alors Bruno Retailleau. Nous n’en étions pas encore là. Au dernier décompte des voix possibles des censeurs, vers 10 heures, ce matin, la lame de la guillotine ne s’était pas encore mise en action. À une dizaine de voix près. Et pendant ce temps là les présidents de groupes ou porte-parole dont Marine le Pen « vendaient » dans l’hémicycle leur mention de censure. Face à un chef de gouvernement isolé puisque ses soutiens n’étaient pas sur leurs bancs puisque seuls les censeurs sont invités à participer à ce préambule ! Ce qui n’empêche pas pour autant leurs collègues d’y assister. Quelle étrangeté que de voir le bloc très fourni des parlementaires RN et UDR faire la claque pour ses camarades intervenants et quittaient la salle dès que le micro était donné à leurs opposants ! Une conception étonnante de la démocratie…tout comme l’absence momentanée de trop de députés indifférents à la solitude du « chef » ! Qu’elle image donnée de la représentation nationale…

Dernière heure: C’est finalement à dix-huit voix près que la motion de défiance déposée la première par la France insoumise s’est ponctuée par un échec à la censure. Qui a donc obtenu 271 suffrages dont 7 frondeurs socialistes et une frondeuse, une élue LR des Alpes-Maritimes, Alexandra Martin, proche très probablement de son voisin président de l’UDR, Éric Ciotti. La même s’est bien évidemment conduite de la même façon lorsqu’il lui est revenu de censurer à nouveau le gouvernement, mais avec plus d’enthousiasme lors de la motion déposée par le RN, qui, bien sûr, a fait le plein de tous ses députés plus cinq, dont trois LR pour un total donc de 144. Forcément heureux de ce rejet, même s’il s’est bien gardé de s’en faire l’écho, Sébastien Lecornu s’est offert dans la foulée de ce double vote pour rejoindre son bureau de Matignon une petite déambulation dans les rues de Paris suivi par une meute de cameramen le suivant, en appuyant surtout sur cette expression : « je suis au travail » Avant d’entamer son chemin de croix budgétaire. « Les débats vont pouvoir enfin commencer » s’est-il sobrement déclaré. Il aurait pu chanter « je marche seul » de Jean-Jacques Goldman sur sa route d’une durée d’un petit quart d’heure. Une première haie et pas la plus aisée est déjà franchie ! À court terme le duo de l’exécutif a gagné sa première bataille. Mais on est encore loin d’être à Austerlitz…tout en évitant d’avoir connu ce jour un Waterloo !

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