Un propos choc d’Edouard Philippe: « je ne lui dois rien »

C’était vraiment « l’Evenement » le titre justement de l’émission politique de France 2. Pour un coup, c’était vraiment un coup. Il reste à savoir s’il était bien monté hier soir, quelques heures seulement après que Sébastien Lecornu ait échappé au couperet de deux tentatives de censure. En attendant Edouard Philippe a frappé fort en martelant ses vérités. Sur le retrait de la réforme sur les retraites qu’il récuse et le pari risqué de l’abandon de l’emploi du 49-3. Et surtout sur celui qui lui accorda sa confiance pendant trois ans, le chef de l’Etat, qu’il n’a pas ménagé pendant son entretien choc. Peu suivi d’ailleurs avec une audience limitée à 1 million de téléspectateurs. Il a réitéré avec des mots forts son propos sur la nécessité d’un départ anticipé de son ex-patron de l’Élysée, jugeant au passage qu’il était en grande partie responsable de cette instabilité politique. Boum, boum…et surtout badaboum avec cette tirade en forme de grenade dégoupillée qui risque de faire grand bruit ! « Je n’ai pas de querelle avec lui. Il est venu me chercher. Je ne me suis pas roulé par terre pour être nommé à Matignon et pas davantage trois ans plus tard lorsque j’ai été congédié. Je ne lui dois rien ». Des derniers mots qui ne passent pas dans la bouche des soutiens d’Emmanuel Macron verts ou rouges de colère après cette ingratitude, voire plus ! Le maire du Havre n’a-t-il pas été trop loin dans sa déclaration ? Ne risque-t-il d’en payer le coût dans l’optique de la présidentielle ? Les prochaines enquêtes d’opinion en donneront un premier signe. Peut-être.

En attendant cette concession relative à l’abandon provisoire de la réforme d’Elisabeth Borne passe mal tant chez Édouard Philippe ( qui affirmait hier soir sur le plateau de télé que ses députés Horizons ne la voteront pas lors de l’examen budgétaire) que dans le camp de « Renaissance ». Qui pendant que « Doudou » faisait l’événement sur le petit écran, se trouvait invité par « Manu » pour une séquence de calinotherapie après ces dernières heures difficiles et suspense au parlement, dans les salons de l’Elysée ! « C’est douloureux pour nous tous, mais il fallait passer par ce compromis » leur déclara-t-il notamment.

L’occasion probablement aussi pour le président de la République de remercier ses « troupes » pour leur discipline de vote ayant abouti à l’échec des deux motions de censure. Pas une voix n’a manqué en effet dans le camp du bloc central pour sauver l’habile « moine soldat » Sébastien Lecornu. Ce qui peut étonner avec la voie de la raison choisie par l’ensemble du groupe Horizons qui, lui aussi, quelques heures plus tôt, avait préféré soutenir le chef du gouvernement et ce à l’unanimité de ses membres. En totale opposition donc aux propos musclés et d’une certaine hostilité envers le chef de l’Etat, tenus le soir par son chef de file havrais…

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